Le dernier verre

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Le dernier verre

Message  HELLION le Sam 3 Nov 2018 - 18:57

Le dernier verre



La scène se passe dans un bar, à une époque indéterminée.


Madame Garcia  : Dites-moi, Monsieur Théo,  ça va pas pouvoir durer comme ça, va falloir me la  payer votre  note

Monsieur  Théo :  C'est à moi que  vous causez Madame Garcia ?

Madame Garcia : Sauf vot' respect,  C'est bien à vous, vu que vous êtes mon seul client, M'sieur Théo.

Monsieur  Théo : C'est vrai que c'est un   peu  sinistre votre bouis-bouis. Y a pu personne, à part votre chat.

Madame Garcia : La faute à qui ?

Monsieur Théo : Mais j'en sais rien, moi. Las faute à qui, la faute à qui ? Pas de la mienne, en tout cas. Je refuse de porter la casquette. J'en  ai mare à la fin, à la première connerie, c’est toujours  moi qui prend !

Madame Garcia : Ah, parce que vous appelez ça une connerie, vous, la fin du monde ! Excusez du peu, y a tout qu'est niqué, et pour  Monsieur Théo, c’est comme qui dirait  une  p'tite bêtise. Et qui c'est qui va me livrer mon tabac, moi, maintenant ?

Monsieur Théo : Cette manière de tout ramener à vous même, c’est petit. Vous vous rendez pas compte de la chance que vous avez : seule à seul avec moi,  pour l'éternité.
Vous savez, Madame Garcia, c'est pas pour me vanter, mais y en a beaucoup qui auraient voulu être  à votre place...

Madame Garcia   Oui, ben moi, j'ai rien demandé à personne,. Je faisais mon métier honnêtement. Tous les jours à sept heures, le matin, y avait déjà une dizaine de clients à la porte Vous savez,, Monsieur Théo, c'est important d'être attendu.  Qui c'est qui va m'attendre à présent. Ah, non, Monsieur Théo, c'est pas joli  joli, tout ça.

Monsieur Théo :Mais puisque je vous dis que je n'y suis pour rien. Allez-vous, vous mettre ça dans la tête ?

Madame Garcia : Après tout,  c'est pas mes oignons... Et pis j'ai mon affaire à faire tourner, moi: Ben  oui,  quoi,  faudrait me payer. J'pourrais agrandir...

Monsieur  Théo :Agrandir, pourquoi faire ? Je suis votre seul client !

Madame Garcia : justement  pour avoir d'autres clients

Monsieur  Théo : Vous  savez bien que c'est impossible,  y a plus que nous !

Madame Garcia  C'est malin, Mais pourquoi vous avez laissé faire ça, aussi ? C'est pas raisonnable. N’empêche,  va falloir  me payez  vot' ardoise, Monsieur Théo !

Monsieur  Théo  Vous savez bien que j'ai pas d'argent.

Madame Garcia : Ah O.K !  Alors, pas de sous-sous..(Elle reprend le verre de bière à demi vide de Monsieur Théo ) pas de bibine.

Monsieur  Théo : Dites donc, vous savez  à qui vous parlez, j'espère ?

Madame Garcia  Au pape !

Monsieur  Théo  Mais non, Madame Garcia,  même le pape, , il est mort

Madame Garcia : l'était gentil, lui , pas comme vous et au moins et il payait sa tournée. Quand j'pense, non mais quand je pense que le pape aussi,vous l'avez laissé ratatiner. Alors, là, je vous dis, y a pas de justice.

Monsieur  Théo  Mais j'ai laissé ratatiner personne, moi, personne vous m'entendez. C'est pas de ma faute tout ce bordel. Si vous croyez que ça me fait plaisir.

Madame Garcia :Ah non,  Monsieur Théo, pas à moi, vous allez quand même pas me faire croire que vous auriez pas pu y mettre le holà, un Monsieur important comme vous.  Ah fallait entendre les gens causer. Monsieur Théo par ci, monsieur Théo par là.Monsieur Théo, il est grand, Monsieur Théo y peut nous sauver,  Monsieur Théo y peut tout. C'est simple, dans les derniers temps y en avait plus que pour vous...

Monsieur  Théo :C'est toujours comme ça.. à la fin. Tiens, redonnez moi une petite bière, Madame Garcia, Non mais quelle bande de cons ! C'est pas faute de les avoir prévenus.


Madame Garcia  ( lui resservant une bière ). N’empêche, c'était  plus sympa avant, quand ils étaient là.

Monsieur Théo : Sans compter que je m'emmerde, mois maintenant...

Madame Garcia : Vous, Monsieur Théo ! Ah bah j'aurais pas cru .

Monsieur Théo : J'aimais bien  leurs petites conneries, vous savez, .. Quand ils se réunissaient pour  m'adorer, avec leur mains jointes comme près à plonger dans le grand bain , c'était  assez sympa.  Ou quand ils se prosternaient en embrassant leur tapis, ils étaient si mignons avec leur  petit cul en l'air.  On s'attache, vous savez Madame Garcia. Tenez, un peu comme vous avec vos  picolos du dimanche, en fait vous étiez un peu leur maman, et ben moi quelque part, j'étais un peu leur papa. D'ailleurs, c'est comme ça qu'il me parlait, «  Notre père par ci, notre père par là...  De vrai gamins .

Madame Garcia  Vous voulez que je vous dise ?

Monsieur  Théo Dites toujours !

Madame Garcia : Trop cool, vous étiez trop cool avec eux.

Monsieur Théo : Ah vous croyez ?

Madame Garcia ; Si je vous le dis !  Tenez, c'est comme moi au début que je tenais cet établissement, ami-ami avec tout le monde que j'imaginais. Je faisais crédit, je payais des tournée et tout. Eh bien, croyez moi, si j'aurais continué comme ça, direct à la faillite que j'allais. Y en avait même qui se servaient tout seul. Non , il faut tenir son rang. Quand on est la patronne, on est la patronne. Alors j'ai viré direct à 300 degrés,. J'en ai foutu quatre dehors, à commencer par ce grand connard de Jojo qui payait jamais... si vous voyez ce que je veux dire. Après, ils ont tous marché rectalement.  Non, non, il faut de la poigne, sinon, il ne vous respectent plus, même pire, ils vous ignorent.


Monsieur Théo : Remarquez, vous devez avoir raison, Madame Garcia.  C'est un peu ce qui a du m'arriver. Ils m’ont oublié. Voilà, c'est ça, ils m'ont oublié.

Madame Garciav  D'un sens c'est pas vraiment de leur faute. Vous l'avez un peu mérité.

Monsieur Théo : Mais pourquoi vous dites ça, c'est pas gentil.

Madame Garcia : Réfléchissez, Monsieur Théo. Au début, faut bien dire que vous vous êtes comporté en père dominateur, quand même, carrément abusif.

Monsieur Théo : Ah vous croyez, c'était pas  mon impression.

Madame Garcia :  Ah ah, c'est la meilleure. Mais vous les avez vraiment fait chier, mais à un point.

Monsieur Théo : Non mais dites donc, je vous défends de me parler sur ce ton ! Souvenez-vous que vous parlez à votre créateur, Madame Garcia, Votre créateur, vous entendez !

Adame Garcia : Et vous Monsieur Théo, à qui croyez-vous causer, hein, à qui ?

Monsieur Théo : Eh bien mais...

Madame Garcia : A votre créature, Monsieur Théo, à votre créature ou plus exactement à ce qu'il en reste . Si vous voulez parler à quelqu'un d'autre, c'est trop tard, maintenant, fallait y penser avant. Alors, moi, je veux bien vous servir de la bibine à l’œil, mais maintenant, va falloir m'écouter. Il y a longtemps qu’on aurait dû vous les dire vos  quatre vérités.

Monsieur Théo : Nom de moi-même, c'est trop fort ! On ne s'est jamais adressé à ma personne de la sorte. Je vous demande de vous arrêter, Madame Garcia, sinon...

Madame Garcia :  Sinon quoi ?  Qu'est-ce qu'il va faire,  le petit pépère ? Une méga fin du monde, une grosse colère d' apocalypse... un ch'ti déluge, hein il va faire quoi le Monsieur ? Il n'y a plus rien...Nada, Tout est cassé, brisé pulvérise, il n'y a plus de lune plus de soleil, plus d'étoiles ni de galaxies. Il n'y a plus que moi, Madame Garcia et mon putain de bar, que si vous ouvrez la porte, tout Monsieur Théo que vous êtes, vous loupez la marche pour l'éternité de vous même et basta !
Alors écoutez moi-bien Monsieur Théo, faut me chouchouter, me dorloter, parce que si vous me perdez, moi, Madame Garcia, vous n'avez plus rien ,. Et alors …


Monsieur Théo :  Et alors ?

Madame Garcia : : Alors, qu'est-ce qu'il devient le gentil créateur sans sa méchante créature, hein, il devient quoi, je vous le demande ?

Monsieur Théo :  Ah ah  ah ! Laissez moi rire !

Madame Garcia : : Riez, Monsieur Théo ! Rira bien qui rira le dernier. Parce que mine de rien, moi, sans vous, je peux encore me débrouiller. Alors que vous, sans moi, vous risquez de vous emmerder divinement.

Monsieur Théo : Stop ! J'ai dit stop !

Madame Garcia : : Quoi stop !

Monsieur Théo: : Vous avez gagné, je vous écoute, je vous écoute

Madame Garcia : Ah ben,c'est pas trop tôt, parce que vous savez quoi, ça fait un sacré bail que je m'adresse à vous et que vous ne m'écoutez pas. Quand j'étais gamine, mémère me disait toujours. Aie confiance en Monsieur Théo, dis-y tout et il finira par  t'entendre. Mon cul, oui ! J'ai pas arrêté de vous raconter ma vie, mais Monsieur était aux abonnés absents. Monsieur avait sans doute d'autre chats à fouetter...

Monsieur Théo : Je ne vous cacherai pas que ces dernières années, j'avais il est vrai pas mal d'affaires à régler, mais  votre grand-mère n'avait pas tort ; en insistant un peu.vous auriez pu me  joindre.

Madame Garcia : Mais j'ai insisté.

Monsieur Théo :  Je sais pas moi,vous auriez dû vous faire recommander.

Madame Garcia : Ah c'est vrai, j'oubliais, Monsieur ne reçoit que le beau linge. Évidemment j'aurais été Madame Moïse ou Madame Mahomet, pas de problème, j'aurais eu direct mes entrées.

Monsieur Théo : Sans aller jusque là, vous auriez un peu plus fréquenter mes filiales et mes associations.

Madame Garcia : Mais j'ai jamais fréquenté rien ni personne, moi on m'avait rien dit. au contraire, je vous croyais branché direct sur le petit peuple, moi.

Monsieur Théo : pas le souvenir... Quoique, attendez, attendez. Il me revient comme une petite voix... ah oui...oui, oui exact. Une petite voix d'enfant, avec des larmes

Madame Garcia : ah, vous voyez bien ! Puisque je vous le dis .

Monsieur Théo : C'était quoi le message ?

Madame Garcia : Non, rien.

Monsieur Théo : Si, si, allez, on peut tout se dire, maintenant.

Madame Garcia : Alors là Monsieur Théo, vous me faites de la misère. Voyez, j’aurais bien aimé que vous vous en rappeliez.

Monsieur Théo : Dis-moi tout, mon enfant !

Madame Garcia : Ah non pas de ça entre nous. Je veux bien qu'on se tutoie, mais ,non Monsieur Théo, je ne suis pas ton enfant .  Et puis, n'oublie pas que tu as une ardoise, ici, et pas une petite.

Monsieur Théo : Ah lala, quel caractère ! Je ne sais pas, finalement, si c'est une bonne idée de se tutoyer.

Madame Garcia : Comme tu veux. C'est pas moi qu'ai commencé.

Monsieur Théo : Non, il faut garder une certaine distance. En fait, il faut bien se rendre à l'évidence, nous ne sommes pas du même monde.

Madam Garcia :  Vous savez Monsieur Théo, à qui vous me faites penser ? A maître Dupanloup, l'avocat qui venait manger le mercredi. Costard, cravate et bonne manières, mais alors à l'intérieur,  le vide, mais alors sidéral comme vide. Rien  dans la citrouille , à part le code civil et le code pénal.

Monsieur Théo : Merci pour la comparaison, ça fait toujours plaisir. Pour votre gouverne, Madame Garcia, je puis vous dire que le vide sidéral n'est pas vraiment vide.

Madam Garcia : Et pourquoi donc ?

Monsieur Théo : Parce que je l'habite, ma chère, j'y suis en permanence.  Il n'y a pas un milimètre carré de cet univers où je ne suis pas, où je n'ai jamais été et où je ne serai jamais.

Madame Garcia : Houla, houla !  faudrait pas trop se la péter, votre seigneurie.

Monsieur Théo : Se la péter, voyez-vous ça .  Décidément, avec vous, l'éternité ne risque pas de me sembler trop longue.

Madame Garcia : Dites-donc Monsieur «  Je suis partout », où étiez vous barré, quand mon père, totalement bourré, foutait des torgnoles à la petiote de quatre ans que j'étais, à m'en faire pissser le sang par le nez et les oreilles. Où  étiez-vous , Monsieur « je sais tout  »?

Monsieur Théo : Ah c'était donc cela, le message ! Cette petite voix …

Madame Garcia : Ben oui et vous savez  très bien ce que je disais.

Monsieur Théo et Madame Garcia, ensemble :  Monsieur Théo, s'il vous plaît, faites que mon papa soit gentil et qu'il arrête de me donner des coups de poing dans ma tête passeque ça me fait beaucoup mal.

Monsieur Théo : Ah oui, je me souviens. Mais dites moi, Madame Garcia, vous n’exagérez pas quand même un petit peu avec cette histoire.

Madame Garcia : Vous avez raison,  Monsieur Théo, j'exagère carrément. Il n'était pas toujours bourré quand il me cognait...

Monsieur Théo Je suis désolé

Madame  Garcia : Ah, mais faut pas, Monsieur Théo, vous pouviez pas être au four et au moulin, C'était les élections du pape.

Monsieur Théo :Parlons franchement, Madame Garcia, ! Est-ce que ça vous a empèché de devenir la grande belle femme que j'ai devant moi, avec son petit commerce. Vous savez, les voies de moi-même sont impénétrables et je ne suis pas seul à  le dire.

Madame Garcia : Sûr que je suis arrivée à grandir quand même. Vous avez raison. Peut être même que si mon paternel, m'avais pas cassé la mâchoire quand j'avais six ans, j'aurais pas pu acheter le café du commerce. Non, à vrai dire, je vous remercie de ne pas être intervenu. Quand on est gosse on comprend pas toujours tout. Tenez c'est pareil quand ma pauvre  maman a cassé sa pipe.

Monsieur Théo :Ah oui, je me souviens , cette fois. Une bien brave femme.

Madame Garcia : Alors là, putain, qu'est-ce que j'ai pu vous appeler. Je vous ai même gueuler dessus.. Sauf votre respect, bien sûr. J'avais huit ans et je me disais que c'était pas possible que vous alliez pas me laisser avec mon salaud de père. Eh bien devinez -quoi. !

Monsieur Théo : Alors, si ma mémoire ne me trahit pas, j'étais surbooké à l’ époque : une grosse famine dans le sud-est de l’Afrique et, vous n'allez  pas me croire, un tsunami sur le japon. J'ai fais de mon mieux, mais bon, faut me comprendre, j'avais des priorités.

Madame Garcia : Ah ben oui, mais non, mais là, vous avez eu tout bon, vous avez assuré, Vous m'avez entendu.

Monsieur Théo : Ah ben voilà, ça m'aurait étonné aussi. Et alors ?

Madame Garcia : Alors, services sociaux et tout le Saint Frusquin, comme on disait chez vous. Juge des enfants, Médecin. Mon père en cabane et tout et tout.

Monsieur Théo. Vous voyez bien que je n'abandonne pas les petits enfants.

Madame Garcia : C'est vrai, c'est vrai. Du bon boulot. C'est après que ça s'est un peu gâté.

Monsieur Théo : Après ? Tiens donc, j'avais pourtant veillé à ce que toutes les précautions soient prises

Madame Garcia :  Tout Pareil que Kevin Mil pertuis, le fils ainé de la famille  d'accueil , quand il me violait. Y prenait toutes les précautions pour que je ne dise rien à sa mère.il disait qu’il me ferait ma fête si je parlais.

Monsieur Théo : J'ai entendu parler de cette histoire, mais j'avais une autre version. D'après mes informateurs, il semble que vous n'y étiez pas pour rien.
Sur la fiche vous concernant, on pouvait lire « gamine précoce et aguicheuse ».

Madame Garcia : Ah bah alors, si c’était marqué sur ma fiche…

Monsieur Théo. Mais vous m’agacez, à la fin. Je ne suis quand même pas responsable de tous les malheurs des hommes!C’est comme cette fin du monde, si vous croyez que ça me fait plaisir.Vous êtes marrants, vous autres :quelqu’un glisse sur une peau de banane et allez, hop, c’est le père Théo qui est responsable.

Madame Garcia :Ah, parce que vous appelez ça une peau de banane, vous !

Monsieur Théo:Écoutez ma petite dame, mettez-vous bien cela dans la tête, quand j’ai fabriqué votre putain de monde, dans le mode d’emploi, y’avait pas marqué : « le mécanicien est responsable des accidents ».

Madame Garcia : peut-être, Monsieur Théo peut-être, mais quand la bagnole n’a pas de frein, on peut s’interroger sur la compétence du mécanicien.

Monsieur Théo : Comment ça, pas de frein ?

Madame Garcia : ben oui, c’était du n’importe quoi,votre bordel ! ni fait, ni à faire, exposé à tous les excès, toutes les turpitudes, les guerres, les famines, la torture et j’en passe

Monsieur Théo : holà, holà, c’est pas un peu facile, chère Madame ?

Madame Garcia : Facile, c’est pas vraiment le mot que j’aurais employé non, pas vraiment.

Monsieur Théo : ouais, eh bien, il aurait peut-être fallu savoir ce que vous vouliez, vous autres, pauvres créatures .

Madame Garcia : vous savez, au départ, on savait pas trop et puis, surtout, on n’avait rien demandé.

Monsieur Théo : Justement, parlons-en du départ. Parce que moi, à l’origine, j’avais vraiment prévu un truc sympa. J’avais fait un petit jardin d’agrément, super peinard dans lequel j’avais mis votre grand-père et votre  grand-mère avec des chats, des chiens et quelques bestioles sympas.

Madame Garcia : ah oui, je  la connais, cette histoire,Le coup de la pomme et des pépins,Et la grosse colère de papa Théo qui vire tout le monde . Vous avez pas l’impression de vous foutre de la gueule du monde avec des conneries comme ça ? Et en plus, ce serait la faute à la nana qui  aurait été trop curieuse. À  d’autres, Monsieur Théo, à d’autres.

Monsieur Théo : Ce n’est pas une histoire, Madame Garcia c’est la réalité, toute crue toute nue

Madame Garcia :ben voyons !

Monsieur Théo :   Madame Garcia, c’est ce qu’on appelle un mythe fondateur, mais sauf votre respect, je ne suis pas certain que vous puissiez comprendre.

Madame Garcia : non, mais dites donc,  traitez moi direct de connasse., pendant que vous y êtes. Je me suis peut-être fait violé à 11 ans, mais j’ai gardé le haut  intact. Je ne connaîtrais pas qu’est-ce que c’est un mythe fondateur, et puis quoi encore ?

Monsieur Théo : d’accord, d’accord, mes excuses, Madame Garcia. Alors,  Vous pouvez comprendre que tout cela c’est, comment dire, comme qui dirait symbolique.

Madame Garcia :Symbolique, symbolique. Et mon cul, il est symbolique, lui ?

Monsieur Théo : D’une certaine manière, oui. En tout cas ça explique pas mal de choses, Figurez-vous. D’ailleurs, de vous à moi, je ne suis pas mécontent d’avoir inventé ce système là.

Madame Garcia : vous avez de ces mots,. et puis, vous m’embrouillez vous cherchez rien qu’à vous tirer des flûtes avec votre baratin. Moi, ce que je comprends avec votre machin de mythe fondateur, c’est que vous ne voulez pas assumer vos responsabilités. C’est tout

Monsieur Théo : N’importe quoi !,    j’assume, Madame Garcia , J’assume  de A  à Z ; seulement faudrait     que tout le monde balaie devant sa porte, si vous voyez ce que je veux dire

Madame Garcia : Alors là,  pas du tout, je ne vois rien, quant à balayer avec le bordel que vous avez foutu dehors……

Monsieur Théo :Mais puisque je vous dis que ce n’est pas moi ! Et puis, quand je dis « balayer devant votre porte),   Madame Garcia. C’est juste une façon de parler.

Madame Garcia : Voilà le problème avec vous ; toujours des  symboles,  des   façons de parler,  des mythe et compagnie,. On dirait que la réalité  vous fait peur, qu’elle ne vous a jamais intéressé.   Vous êtes qui, Monsieur Théo. , vous êtes quoi, d’abord ? C’est vous, le mythe, l’illusion, le Père Noël. Tiens, c’est ça, j’ai trouvé, vous êtes le Père Noël, Un bidule comme ça

Monsieur Théo : vous êtes marrant,vous et vos congénères.. .Mais qu’est-ce que vous attendiez de moi ? Des miracles ? Que j’arrête les guerres, que je maîtrise les tremblements de terre ? Que je ressuscite les morts ?

Madame Garcia :  eh ben oui, des trucs comme ça. En tout cas, que vous ne laissiez pas maltraiter les enfants, violer les petites filles couper les petits garçons en deux avec des machettes,  que vous fassiez votre boulot, merde !

Monsieur Théo:Nous y voilà. Cela s’appelle l’interventionnisme  . C’est d’un vulgaire !

Madame Garcia : ah, parce que laisser crever les gamins dans d’atroces souffrances, c’est pas vulgaire peut-être ?

Monsieur Théo : mais décidément,  vous ne comprenez rien ! Vous mélangez tout.


Madame Garcia : au contraire, j’ai tout compris. Un usurpateur, voilà ce que vous êtes, un parfait usurpateur, pire qu’un illusionniste.

Monsieur Théo :  Quand j’ai tiré l’univers de mon chapeau, C’était une illusion peut-être ?

Madame Garcia : et en plus,il est vantard ! L’univers, rien que ça !

Monsieur Théo : Mais comment voulez-vous que ce soit arrivé ?

Madame Garcia : ben, comme ça. Boum et hop !

Monsieur Théo : boum et hop ! C’est votre explication ? Boum et hop… et après ?

Madame Garcia : quoi, après?Ben, hop et boum !

Monsieur Théo:Non, entre les deux ? Expliquez-moi les animaux, les plantes,, expliquez-moi pourquoi j’ai là, devant moi une Madame Garcia avec un cerveau qui réfléchit, enfin qui essaie....

Madame Garcia : ben, ça c’est organisé comme ça. Il y a des trucs qui marchaient et d’autres qui ne marchaient pas. C’est des trucs qui marchaient qui ont gagné et me voilà, C’est tout. C’est pas compliqué.

Monsieur Théo:Ah d’accord, des trucs qui marchaient et d’autres qui marchaient pas. À propos, Madame Garcia, votre robinet à bibine, il marche toujours ? Par ce que, j’en reprendrai bien une petite…

(Madame Garcia lui resserre une bière)

Monsieur Théo : il y a quand même un truc qui me chiffonne dans votre explication…

Madame Garcia : ouais, et bien moi, c’est pas un truc qui me chiffonne, c’est des millions. Non mais comment vous avez pu laisser faire ça ?

Monsieur Théo : quoi, ça ?

Madame Garcia : ben ça, la fin du monde !

Monsieur Théo : Ah la fin du monde ! allez-vous comprendre que c’est comme le reste ? Si je ne peux pas empêcher Une guerre, même pas un accident de voiture, comment voulez-vous que j’empêche la fin du monde ? Enfin, faut être logique.

Madame Garcia : alors, logique pour  logique, si vous  êtes pas foutu d’empêcher le monde de disparaître, comment seriez vous arrivé à le faire exister?

Monsieur Théo ; Encore une fois, vous mélangez tout, Madame Garcia. Ça n’a rien à voir.

Madame Garcia : vous voulez que je vous dise ?

Monsieur Théo : dites toujours.

Madame Garcia : en fait, moi je crois un truc. Cette fin du monde, ce n’est pas que vous n’avez pas pu l’empêcher, c’est que vous l’avez voulue. C’est ça la vérité et que vous avez juste épargné mon boui-
boui pour avoir une explication seul à seul avec la dernière de vos créatures, genre super production. Il y a juste quelque chose que je ne comprends pas…

Monsieur Théo : quoi donc, Madame Garcia ?

Madame Garcia : pourquoi c’est tombé sur moi ?

Monsieur Théo : vous croyez vraiment, ce que vous dîtes ?

Madame Garcia : dites-moi que je me trompe !

Monsieur Théo : donc, vous pensez que j’ai fait exprès de tout foutre en l’air ?

Madame Garcia : oh, ce serait pas la première fois. Quand j’étais petite, ma grand-mère m’avait raconté que vous aviez tout inondé partout. Le déluge, que ça s’appelait. Et bien, quelqu’un qui est capable de noyer les gens, vous voyez ce que je veux dire. À l’époque, même qu’il ne restait plus personne sauf un vieux qu’avait bâti un radeau.

Monsieur Théo : faut pas croire tout ce que les gens racontent, Madame Garcia. Si je vous disais tout ce que j’ai entendu sur vous…

Madame Garcia : oh, mais je ne suis pas une sainte. Sinon Vous le sauriez.

Monsieur Théo : Il faudrait choisir, Vil  usurpateur Ou grand éliminateur ?

Madame Garcia: ou parfait mythomane.Si vous étiez celui que vous dîtes, vous ne seriez pas en train de picoler à mon bar comme un vieux soiffard. Non mais, vous vous rendez compte, Monsieur « j’ai fait l’univers » en train de se pochetronner à la bière chez la mère Garcia. Ça fait pas standing.

Monsieur Théo: Je sens chez vous comme une certaine déception.
Le
Madame Garcia : un peu, oui. Mettez-vous à ma place. Je me couche, hier soir avec ma bouillotte. Je me lève ce matin à six heures, comme d’habitude. Je prends mon petit café. Bon, d’accord, il avait un drôle de goût. Je descends pour relever mon rideau et qu’est-ce que je vois ? Rien, mais rien de chez rien. Forcée de laisser allumer toute la journée. Je me demande d’ailleurs d’où vient l’électricité. Il y a juste vous, accoudé au zinc avec votre air ahuri. Et ça fait une demi-heure que vous êtes en train de vous prendre pour le bon Dieu et, moi, de me prendre pour une imbécile. Vous admettrez qu’il y a de quoi être un peu déçu, non.

Monsieur Théo : Au contraire, vous devriez être contente ! En tête-à-tête avec votre créateur !

Madame Garcia : créateur de mes deux, oui ! De votre côté,  vous n’avez  pas l’impression qu’il y a quelque chose qui déconne ?

Monsieur Théo : pas du tout. Ah si, votre bière, elle n’est pas vraiment à la bonne température.

Madame Garcia : désolé, Monsieur Théo, mais nous avons eu un petit dérangement, cette nuit.

Monsieur Théo : Ça, Madame Garcia, vous ne croyez pas si bien dire. Mais, rassurez-vous, ça aurait pu être plus grave.

Madame Garcia : plus grave ! Vous en avez de bonnes, Monsieur Théo la fin du monde. Vous vous rendez compte, la – fin – du – monde !

Monsieur Théo : écoutez, MadameGarcia, vous n’allez pas en faire un plat. C’est comme cela pour plein de gens, Vous, au moins, Vous n’avez rien senti, vous n’avez pas souffert. Ça vous est arrivé en plein sommeil.  

Madame Garcia : encore heureux. Faudrait peut-être que je vous remercie.

Monsieur Théo : je n’irai pas jusque-là, mais enfin, ne soyez pas ingrate.Ça peut vous laisser paralysé pendant des années, un infarctus.

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