Coup de foudre en caisse huit

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Coup de foudre en caisse huit

Message  HELLION le Dim 12 Aoû 2018 - 7:57

Coup de foudre en caisse huit


Un jour c’était les vacances. Avec mon copain Hervé, on avait décidé de faire un voyage.
– Où qu’on va ? il a demandé
– En Bretagne, j’ai  dit . Y a des bateaux, la mer et tout ça . et puis tu verras, la Bretagne c’est pas loin et c’est  très beau.
– C’est où ?
Hervé, il a pas tellement voyagé, alors, il sait pas trop où c’est la Bretagne ; mais maintenant qu’il est amoureux, il a décidé de voir du pays avec sa chérie. Du coup, son voyage avec moi, c’est pour s’entraîner avant de partir avec sa fiancée, pour savoir s’il peut marcher avec ses chaussures neuves, nager avec son tuba et conduire une voiture.  
– La Bretagne, c’est par là.
Et j’ai pointé mon doigt dans la direction d’où venait le vent.
– Allez , on y va, j’ai ajouté. Fais ta valise  et prends ton anorak !
– O.K. il a dit en Anglais,  mais moi je prends le train.
– Et pourquoi Monsieur prendrait le train  alors que j’ai une belle auto avec deux places à l’avant  et les valises derrière ?
– Vu comment tu conduis je préfère le train.
Hervé, il est gentil, mais il y a des fois, il m’énerve ! Tout le monde sait que je conduis avec la prudence du chat, la vigilance  de l’aigle et la vivacité  du léopard.
– Mais bon sang, Hervé, tu sais bien que je conduis avec la prudence du chat, la vigilance  de l’aigle et la vivacité  du léopard,  
– Va-z-y  tout seul avec ta ménagerie,  moi je prends le dur.
Hervé, il dit comme ça des mots pour faire viril depuis qu’il a une fiancée.
– Doit bien y en avoir un pour la Bretagne…
– O.K. j’ai répondu en anglais, c’est comme tu veux. Chacun son destin. J’espère seulement que tu n’auras pas à le regretter. Tu sais Hervé, j’ai été jeune, moi aussi...
Je ne sais pas pourquoi, à chaque fois  que je veux lui donner une  leçon de vie, il tourne le dos et il s’en va en sifflotant une chanson.  Là, c’était la Paimpolaise. J’ai horreur qu’on ne m’écoute pas quand  je commence à donner une grande leçon de vie, surtout Hervé qui a beaucoup à apprendre sur la vie et les femmes. En plus, ce garçon ne connaît pas
la musique. Il confond  la Paimpolaise avec le pont de la rivière  Kwaï,
– Je vais à la gare, il a crié, pour  les horaires. Premier arrivé !
– Attends ! tu sais même pas où on va…
– Rendez–vous à  l’opéra de Paimpol,  il a lancé en reprenant sa Paimpolaise à tue-tête sur l’air de Carmen –  Si tu ne m’émeus  pas … »

C’est comme ça que je suis parti  tout seul en Bretagne avec ma voiture. j’ai conduit avec la prudence du chat, la vigilance de la taupe et la célérité du dindon vu la circulation. A l’arrivée à Paimpol, j’ai cherché l’opéra, mais contrairement à ce qu’il m’avait raconté,  il n’y en avait pas.  Sacré Hervé ! J’aurais dû m’en douter. En revanche, le port y est vraiment plaisant avec des bateaux  qui flottent très bien..

Deux jours, je l’ai attendu Hervé ! Deux jours !Soit-disant qu’il s’était perdu.
– Tu  comprends, il a expliqué en arrivant, quand tu m’as indiqué la direction de la Bretagne tu m’as montré le vent ; alors moi j’ai demandé un train qui allait dans le sens du vent.
– Mais, Hervé, c’est le contraire que j’ai dit, la Bretagne, c’est là d’où vient le..
– De toute façon j’avais une chance sur deux,   le vent tourne tout le temps.
Hervé, il est très fort en maths, mais il est nul en vent, faut reconnaître.
– Arrête tes conneries, Hervé, j’ai fait. T’es retourné voir ta copine, c’est tout !
Je l’aime bien Hervé, sauf quand il me prend pour un idiot.

– Qu'est-ce qu'on fait, il a demandé ?
– On va chez Carrefour, tu vas voir c'est sympa.
– Pourquoi chez Carrefour ?
– Pour acheter du pinard !
–  OK d’accord, il a dit en traduisant  l’anglais.
On est parti avec ma voiture et les anoraks.
– On va commencer par les légumes, j'ai dit, en arrivant dans le magasin.
– Pourquoi on va voir les légumes si on n’en achète pas, a rouspété Hervé ?
– Parce qu'on est en Bretagne et que c'est leur spécialité, surtout les artichauts. Quand tu vas à Venise, tu vas voir les gondoles, non ! eh bien ici, c'est pareil mais c’est des légumes.
On a vu les tomates, les salades et les choux-fleurs, mais pas les artichauts.
– Ça fait rien, on reviendra a promis Hervé. Pendant qu’on est là, il a ajouté, si on en profitait pour visiter les poissons.
On a demandé à une dame la direction des poissons. Les bretons sont vraiment aimables avec les français.

Aux poissons, ce qui a beaucoup intéressé Hervé c'est les moules. Il les a trouvées très réussies et très ressemblantes.
–  Exactement les mêmes que quand j’étais gosse, à Trouville ,il a dit, les yeux mouillés.
Moi j'ai préféré les praires parce que c’est plus joli, le mot.
– Et les praires, elles ne te plaisent pas ?
– Non, non, moi, c’est les moules, il a répondu. C’est comme ça dans la famille, chez nous, ça a toujours été les moules. Me demande pas pourquoi.
Moi, je dis toujours faut respecter les opinions des autres, et puis j'ai bien vu à ce moment là que la Bretagne était devenue importante pour lui. Après, on a carrément sauté les maquereaux et les crevettes, parce que ça aurait été trop violent,. Hervé il est très sensible, surtout depuis qu’il est amoureux.
– Veux-tu qu’on aille aux fromages pour te détendre, j’ai proposé ?
– Si ça ne te dérange pas, je préférerais qu’on se dirige directement vers les vins.
Je voyais bien qu'il était ému, je n'ai pas insisté..

– Quand on est arrivés au rayon du vin, il se faisait tard  et nous étions fatigués. Je peux le dire aujourd'hui, il nous a fallu beaucoup de volonté pour  aller jusqu'au bout de notre projet. Quand on est passé près des blancs secs, en mettant la main sur un Muscadet j’ai dit :
– Tu vois, je ne regrette pas d’être venu.
– Moi non plus.
On était bien tous les deux, fatigués, mais bien. C’était les vacances.
En fait, il a de la chance  de m'avoir comme copain Hervé. On ne s’ennuie jamais tous les deux C'est ça l'amitié.

–– Bon, c'est pas tout ça, j'ai dit, faut qu'on retourne aux caisses maintenant. !
Là, j'ai compris que c'était pas gagné. Hervé avait les yeux creusés et le teint blafard. Trop d'émotion. avec son amour qui poussait dans sa tête comme un bambou sous la mousson. Ça plus les moules, faut reconnaître, c'était la dose.  Dans ses yeux fiévreux, je lisais une petite phrase du genre "continue sans moi, je n'irai pas plus loin que les yaourts. Au loin, on devinait la ligne des caisses qui tremblait  dans le soleil couchant. Bientôt Carrefour allait fermer. et on était là, comme deux étrangers vulnérables.

–– Regarde, Hervé, la gondole des saucissons, si on la franchit, on est sauvé. Courage mon vieux !
– Faut passer par les fruits et légumes, il a murmuré. C'est plus long mais c'est plus sûr.
Je dus admettre qu'il n'avait pas tort, le saucisson, à la tombée de la nuit, parfois , ça lâche des gaz .
– Attends,  j'ai mieux ,  on va passer par les eaux minérales !
– T'es ouf ! avec les risques d'effondrement, très peu pour moi.
– Bon alors  l'allée centrale directe. J'y go en premier, toi,  tu me couvres, O.K ?
– Avec la circulation des caddis, t'es naze !Laisse tomber, je préfère attendre l'hélico...
Il était à bout. Un hélico dans un supermarché Carrefour, ce n'était pas très réaliste.
– Mais, Hervé, on n’est pas dans un film, là. On est chez Carrefour.
Il fallait tenter le tout pour le tout et je savais mener les hommes.
– Non Hervé, ne ferme pas les yeux. Vise un peu l'étagère à concombres, là-bas ! On cours, on baisse la tête et si on la dépasse, après c'est la caisse à moins de dix articles et c'est gagné.A nous la liberté, les palmiers et les filles..
J'ai mis au moins trois secondes à comprendre la cause de l'éclaircie soudaine dans les yeux de mon copain. ! Il s'est redressé.
– On y va  qu’il a dit et il s’est mis à courir en gueulant « Yaaaaa »
Le mot "fille" avait ouvert la vanne secrète  d'une réserve d'énergie. Pour vérifier , j'ai répété :
– Fille, fille fille.
Aucun doute, ça marchait, plutôt bien même. Il avait l’œil   nettement plus vif. En quelques pas, on est arrivé à la caisse rapide.
– Non pas celle-là, il a fait, celle où il y a la dame !
– Mais Hervé...
– La dame avec la blouse rose!
J'ai posé ma bouteille  de blanc sur le tapis roulant. J'étais inquiet. Il a rien dit, juste "bonjour madame" et puis on a payé
– Eh ben, tu viens, Hervé. Tu vois bien que tu bouches le passage, là.
En sortant, il s'est pris le mur au lieu de la porte, vu qu'il continuait de reluquer la caissière. Comme c’est lui qui portait la bouteille, elle est tombée sur le carrelage du magasin et elle s’est cassée.
– C’est malin, j’ai gueulé, du muscadet !
Toutes les caissières  ont rigolé, sauf la dame à la blouse rose. Elle a laissé tomber un client en pleine addition. Elle s’est levée, a sorti un joli mouchoir blanc avec le bord en dentelle et a essuyé l’œil droit d’Hervé qui pleurait vu le choc.
– Ça va Monsieur ?
Elle avait une jolie voix de bretonne de la côte Nord, il faut reconnaître.
– Ça va, ça va, a répondu Hervé.
– Votre œil, il est gonflé, non ?
– Non, il est toujours comme ça,a marmonné bêtement Hervé…
 
Quant au soir de ma vie, j'écris ces lignes, c'est avec émotion que je repense à tout ce que nous devons, Hervé et moi à  la Bretagne et à la grande distribution , Une vraie leçon de vie. Après, tous les jours, on est revenu au supermarché.
– On va voir la mer, Hervé ?
– Non,les artichauts! !
Il n'est jamais reparti, Hervé. Il est resté en Bretagne avec la caissière. Maintenant, ils  sont mariés et tous les deux, ils font encore les marchés du côté de Roscoff ou Plougastel. Ils vendent des légumes, surtout des artichauts.



PS: Je vous prie de bien vouloir excuser les éventuelles erreurs orthographiques dont ce texte peut être affecté. Ma vue ne me permet pas d'y apporter les corrections.
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Re: Coup de foudre en caisse huit

Message  Pascal-Claude Perrault le Mer 29 Aoû 2018 - 11:37

Alors de quoi s’agit-il ici, avec cette narration et ces dialogues sur le mode familier ?
Une anecdote ?

Bon, c’est assez plaisant à lire, c’est léger, voire un peu insipide (manque de sel et de piment).

Je retiens cependant « Les bretons sont vraiment aimables avec les français. » qui m’a fait sourire.

Pas spécialement de fautes d’orthographe ici, mais plutôt de typographie, excepté :

Soit-disant : soi-disant
Va-z-y : vas-y

OK Hellion !
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Re: Coup de foudre en caisse huit

Message  Rebecca le Mer 29 Aoû 2018 - 15:29

Un voyage en absurdie, une mini-épopée de supermarket (supermarché en français, ok?) .
J'ai souri plusieurs fois en attendant Godot euh je veux dire en attendant de boire un godet, mais pas de chance ...le happy end n'est happy ( heureux ) qu'à moitié puisque l'épinard euh je veux dire le pinard s'est répandu au carrefour de mes désillusions.
Et peut me chaut qu'Hervé vende des artichauts, ça a jeté un froid
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