Ex-agoraphile

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Ex-agoraphile

Message  levaran82 le Mar 12 Juin 2018 - 22:37

Des masses de muscles un peu partout.
Plus ou moins gros, plus ou moins aigres.
Des gras de graisse.
Des maigres sans grâces.
Des muscles laids.
Des viandes partout (des specistosceptique presque partout.)
De la viande et du gras et du maigre et des muscles et des nénés et des gens et tout ça, partout.

Et encore, ne parlons pas des plages !

Des gens partout,
oui,
et nous au milieu qui en faisons partie.

Et ça ne nous angoisse pas ? Les gens, la viande, les gens qui n'aiment pas la viande, ceux qui en raffolent, tout le monde, tout, le monde ?

Les rues qui se débecquettent de métros inondants, les gens, le temps qui a filé, les épaules de géants plus jamais respectés, les gens qui filent, le temps qui filme, l'argent qui enfile les gens qui voudraient enfiler le temps, les rues remplies de noyés, les hommes infidèles, les femmes qui font cortège, les gens que personne ne connaît et personne qui ne se connaît, soi.

Koyaanisqatsi

L'enveloppant son d'une clarinette est si doux et si fort et si seul et si beau et si rond ( surtout ) que nos viandes pourraient se toucher sous ses dièses. Je voudrais que les Hommes fussent des clarinettes.

Mais les regards... Tu me regardes, ne me regardes pas, baisses les yeux, baissons, cette si petite planète ! Ne nous regardons pas, ne nous regardons plus, nous sommes bien trop près les uns des autres que les haines exultent, qu’exhument nos reptiles dans la détestation saine mais prohibée. NE ME REGARDE PAS ! NE ! ME ! REGARDE ! PAS ! Ni moi je ne te regarderai ! C'est ça ?

Punaise, je lévite, je suis dans un bar, à Bruxelles il y a trop d'ans, elles étaient pourtant belle, elle et Bruxelles. Le bar est plein mais il n'y aurait que nous. Il y aura toujours nous.

Pourtant des temps plus doux, des distances plus larges nous ont permis de tellement nous connaître et de tant nous aimer. Tes yeux de clarinette avec sa panoplie et ses gammes et sa beauté intense (surtout ) : je t'aime, on s'aime, on se déteste, ne me regarde pas. D'accord ? On s'aime, ça oui, on s'aime : en d'autres temps, en d'autres lieu, ici, mieux, plus, plus longtemps, plus vrai, toujours... Mais là j'ai peur !
Peur des gens, peur de parler, peur du temps, peur de trop comprendre, peur d'avoir peur et peur de ne plus jamais pouvoir ne plus avoir peur.

Ma musique intérieure koyaanisqatsi me permet koyaanisqatsi de koyaanisqatsi survivre koyaanisqatsi aux koyaanisqatsi agressions du temps que parfois peut etre koyaanisqatsi je produis koyaanisqatsi involontairement. Koyaanisqatsi. Personne n'est égoïste ! Koyaanisqatsi ! En tout cas pas moi !

J'ai juste si peur, si peur de vivre l'agression de maigres ou de gras, ou pas, du monde maigre et ingrat et gris ou je comptais si tant faire fracas d'amour et de peintures mal peintes de pélicans dodus mais dont je sais que tu aurais sû qu'elles étaient pleines de grâces. L’incompréhensible peur que chaque instant combat.

Oui, il y a faire l'amour, avec toi, et toi seule ! Mais avant cela il y a le monde, il y a mes angoisses, il y a toutes ces choses immenses qu'il me faut tant de temps qu'il faut être immortel et subjuguer le temps pour t'aimer comme il se doit, et comme tu ne pourrais plus jamais me quitter parmi le gras des gens si laids et peut être gentils, ou beau, ou parmi leur maigreur ou peut être gentil, ou beau, mais parmi tant de temps et parmi tant de viandes qui m'angoissent et parmi mes angoisses que tu ne comprends pas. Même toi. Même moi, d'ailleurs.

De toutes les matières, c'est nos chairs que je préfère.
Ensemble.
Tout est si Agressif
Tout.
M'oppresse.
Sauf ma chair, caressant la tienne ! Mais tout est subterfuge, si ce n'est la sublime idylle que mes doigts font à tes paupières dès lors qu'ils te touchent sans craintes, et sans les gens et sans nos chairs et sans mes peurs.

Car il n'y a que l'envol. L'échappée belle. Pour que je t’aime je veux dire, que tu m'animes, de ce monde horrible dont tout le monde s'extrait, où tout le monde se hait, ou tout le monde se quitte, si ce n'est mon amour indéfectible de toi, et ma peur indéfectible de moi, et ma peur d'avoir peur de ces masses de gens, de ce qu'il y a dedans. Ce gout pervers immaitrisé de ma peur qui sait.

D'avoir peur que toi, que moi, que les gens ; que de nos courte vies nous ne fussions à la hauteur. Et ma stupide attente...

levaran82

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Re: Ex-agoraphile

Message  HELLION le Mar 12 Juin 2018 - 23:00

Superbe ! J'aime beaucoup ce texte, d'une richesse et d'une inflorescence poétique sans égal. J'aime ces rythmes, ses excès et ses exagérations mesurées. Puis, il y a le fond le sens et cette suprématie de l'amour et de la chair, comme un étendard brandi à la fin d'une bataille.

Bravo !

HELLION

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