La certitude du soupir

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La certitude du soupir

Message  Jand le Mer 4 Avr 2018 - 12:06




Pas plus que l’enfant à qui l’on dit que son petit corps tombe non par l’effet du sorcier qui a conduit en ses veines les magies du monde mais en raison de la gravité terrestre, lui confronté trop tôt à la vanité des hommes, terriblement seul, pas plus que lui je ne veux entendre ce que vous avez à me dire. J’ai seulement en plus le courage et quelques certitudes sur le bonheur.

Vous m’intéressez, vous avez, au détour de vos longues années, et au delà de vos bravacheries d’étudiants, de vos activités d’homme, de femme, d’enfant, au delà-même de l’amour que vous vous portez chacun, une énergie singulière. Si elle ne dépasse pas toujours les remarques sur la sexualité de Sabry, elles parvenaient autrefois à dégager le sens de votre quotidien.
Alors réellement, ce que je refuse, ça n’est pas vous. Vous, je vous aime bien, c’est le silence du monde que je n’arrive plus à refuser. Son silence et votre vanité d’hommes, votre tentative de mathématiser facilement confronté au silence des arbres, de la terre, de l’espace, des étoiles, de l’immensité de l’univers que jamais nous ne pourrons observer. Ce que je demande, ce n’est pas qu’un Dieu me guide, ce n’est pas que vous preniez parti, que vous essayiez de me guider dans des espaces dont vous ne maitriseriez ni la surface, ni la profondeur, je veux que vous vous taisiez. Mettons un terme à ce complot, à ce complot des hommes, à ce complot de Dieu. J’aurais préféré que ce fût Merlin dans mon cœur et Newton dans mes rêves.

Et pourtant, au fin fond de son petit cerveau allumé par les sentiments de la gloire, de l’amour, et de la déception, existe une chair d’homme, et dans cette chair dépecée, éparpillée dans la mécanique du monde, il y a malgré tout un désir de vérité, et une sorte de virtuosité de l’âme humaine à conduire l’inconnu vers des caves plus profondes dont on voudrait qu’elles soient emplies de lumière.
Je vous le dis, calmement, sans drame, je crois qu’au fond des caves, on trouve l’humidité et le froid, peut-être une pelle pour creuser plus bas. Et moi je pense que plus bas, il fait plus froid, plus humide, et que rien n’atteint dans les géométries du cerveau humain une désillusion plus sure que l’espoir d’une lumière. Cette lumière, elle ne nous parviendra jamais, elle est égarée, si bien qu’au fond, tout au fond, il n’y a peut-être rien , et vous serez arrivés tout en bas, las d’avoir lassé les croyants, les enfants, par votre éducation de creuseur, de mineur, et vous direz d’un ton délavé de toutes vos vanités, en réalité vous ne parlerez plus comme un homme mais comme un enfant, « puisse-t-il, mon Dieu, notre inconnu, puisse-t-il y avoir une raison ».
Et si vous comprenez que c’est là le cri d’un homme face au silence, alors vous aurez, dans la douceur d’un froid enveloppant, au commencement de toute réflexion, à l’entrée même des murmures de la terre, une seule réflexion. Notre destin n’est pas de comprendre ce qui est ou ce qui n’est pas, mais c’est le déclin. Nous vivrons toujours sans pouvoir sonder la rougeur de l’aube, et pouvoir dire de cette grande beauté lumineuse si elle n’a qu’une vocation exclusive : celle de graver dans notre chair d’homme la certitude du soupir.
Disais-je, la cave de l’Homme, c’est un fardeau mythologique, c’est le fardeau de la vacuité.

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Re: La certitude du soupir

Message  Jand le Jeu 5 Avr 2018 - 12:16

Voici une meilleure version




Pas plus que l’enfant à qui l’on murmure que son petit corps tombe non par l’effet du sorcier qui a conduit en ses veines les magies du monde mais en raison de la gravité terrestre, lui confronté trop tôt à la vanité des hommes, terriblement seul, pas plus que lui je ne veux entendre ce que vous avez à me dire. J’ai seulement en plus le courage et quelques certitudes sur le bonheur.

Vous m’intéressez, vous avez, au détour de vos longues années, et au delà de vos bravacheries d’étudiants, de vos activités d’homme, de femme, d’enfant, au delà-même de l’amour que vous vous portez chacun, une énergie singulière. Si elle ne dépasse pas toujours les remarques sur la sexualité de Sabry, elles parvenaient autrefois à dégager le sens de votre quotidien.
Alors réellement, ce que je refuse, ça n’est pas vous. Vous, je vous aime bien. Votre tentative de mathématiser facilement confronté au silence des arbres, de la terre, de l’espace, des étoiles, de l’immensité de l’univers que jamais nous ne pourrons observer. Ce que je demande, ce n’est pas qu’un Dieu me guide, ce n’est pas que vous preniez parti, que vous essayiez de me guider dans des espaces dont vous ne maitriseriez ni la surface, ni la profondeur, je veux que vous vous taisiez. Mettons un terme à ce complot, à ce complot des hommes, à ce complot de Dieu. J’aurais préféré que ce fût Merlin dans mon cœur et Newton dans mes rêves.
Pensez à l’enfant que vous avez blessé de sermons dans sa peau.
Au fin fond de son petit cerveau allumé par les sentiments de la gloire, de l’amour, et de la déception, existe une chair d’homme, et dans cette chair dépecée, éparpillée dans la mécanique du monde, il y a malgré tout un désir de vérité, et une sorte de virtuosité de l’âme humaine à conduire l’inconnu vers des caves plus profondes dont on voudrait qu’elles soient emplies de lumière.
Je vous le dis, calmement, sans drame, je crois qu’au fond des caves, on trouve l’humidité et le froid, peut-être une pelle pour creuser plus bas. Et moi je pense que plus bas, il fait plus froid, plus humide, et que rien n’atteint dans les géométries du cerveau humain une désillusion plus sure que l’espoir d’une lumière. Cette lumière, elle ne nous parviendra jamais, elle est égarée, si bien qu’au fond, tout au fond, il n’y a peut-être rien , et vous serez arrivés tout en bas, las d’avoir lassé les croyants, les enfants, par votre éducation de creuseur, de mineur, et vous direz d’un ton délavé de toutes vos vanités, en réalité vous ne parlerez plus comme un homme mais comme un enfant, « puisse-t-il, mon Dieu, notre inconnu, puisse-t-il y avoir une raison ».
Et si vous comprenez que c’est là le cri d’un homme face au silence, alors vous aurez, dans la douceur d’un froid enveloppant, au commencement de toute réflexion, à l’entrée même des murmures de la terre, une seule réflexion. Notre destin, c’est le déclin. Nous vivrons toujours sans pouvoir sonder la rougeur de l’aube, et pouvoir dire de cette grande beauté lumineuse si elle n’a qu’une vocation exclusive : celle de graver dans notre chair d’homme la certitude du soupir.
Disais-je, la cave de l’Homme, c’est un fardeau mythologique, c’est le fardeau de la vacuité.


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Re: La certitude du soupir

Message  seyne le Jeu 5 Avr 2018 - 20:27

Il me semble qu’il y a pas de choses intéressantes dans ce texte, des choses complexes, originales. Mais plus on essaie de dire des choses complexes plus on doit aller vers la simplicité, aider le lecteur à comprendre.
Or là, je vois encore ce défaut : aller vers l’obscur comme un gage d’intelligence. Par exemple la première phrase tarabiscotée pleine de qui et de que.
Mais il y a du fond, il faut encore le retravailler je crois.
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Re: La certitude du soupir

Message  seyne le Jeu 5 Avr 2018 - 20:28

et traquer les coquetteries.
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Re: La certitude du soupir

Message  Jand le Mar 10 Avr 2018 - 19:17

Je comprends tout à fait ce que vous voulez dire ! Je pense que je ne cherche pas être obscur, ce n'est pas un exercice chez moi qui consiste à faire des effets de manche (si vous vouliez bien dire ça), mais je suis d'accord précisément sur l'inverse (ce que vous dites), à savoir que si l'on souhaite développer des choses compliquées, il vaut mieux être simple ! Navré que l'exercice soit donc ici raté ! J'essaierai de publier quelque chose d'autre avant la fin du mois d'avril avec vos commentaires en tête, dites moi alors si vous le ressentez.

Bonne soirée,

Antoine

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Re: La certitude du soupir

Message  Jand le Dim 15 Avr 2018 - 22:08

Sans rompre avec le style déjà employé, une mesure du suicide avec en tête vos commentaires. Qu'en pensez-vous ?

Il faut terminer par là où l’on commence. J’ai commencé sur les remparts mouvants qui font cette distinction gracieuse entre la chaleur de ma maison et le froid de dehors. C’est ici que j’ai commencé, c’est là sans doute que je terminerai, sur de nouvelles façades qui auront peut-être pris une dimension observable par les autres. Il faut, je crois, beaucoup de courage pour descendre. Aller parler à ceux qui ne finissent pas leur verre, chanter un peu fort sur de la mauvaise musique, esquinter les souvenirs heureux pour les remplacer par d’autres. Il y a au surplus ce besoin surnaturel d’esquiver tout ce qui rend malheureux. Alors voici où j’ai commencé. C’est une maison perdue en campagne française, dans une belle banlieue d’une ville très laide où l’on écoute quotidiennement de vieilles sonorités d’échec et de déception. Si vous y passez après une certaine heure, ne vous y attardez pas. Sauf si vous me croisez perché là-haut. Dans cette hypothèse divine, tournez-vous. Vous aurez sans doute à pousser le portail de plastique blanc, à chuchoter à l’oreille du chat qui aura miaulé sa faim dans cette sinistre ambiance de début d’hiver, à faire le tour de cette maison, et vous étendre sur le bord de la piscine. Je viendrai vous voir en imaginant sur le chemin cette rencontre glacée. Rencontre entre vous et moi. L’un comme l’autre perdus et retrouvés sur le sol pneumatique de cette piscine couverte par le sens d’une réalité fracassante, d’une habitude, d’une routine. Trempez-y la limite de votre main, et voici que je m’allonge à quelques centimètres de vos cheveux.
Vous n’avez pas à tourner la tête, vous n’y pensez pas : une présence confortable et un secours dans cette tristesse. Il faut bien s’amuser à immerger le bras entier et tromper les réflexes contraires et je suis là pour vous aider.
Pourquoi êtes-vous venu ? Le monde n’a t-il pas gouverné de plus puissants destins que le ralentissement du sang dans votre bras ? Un petit effort et vous aurez marqué le sens de votre détour. Détour dans cette maison habituelle, dans ce jardin secret envahi par moi, ce léger démon qui vous a piégé. Je suis une piètre raison d’en finir, mais vous avez choisi d’être seul avec vous-même pour vous laisser glisser dans la froideur de la mort.

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Re: La certitude du soupir

Message  seyne le Lun 16 Avr 2018 - 10:46

Oui, ça c'est vraiment excellent je trouve...Le texte invite le lecteur à une première métaphore, invite à partager un ressenti, tout en déroulant un paysage. Puis peu à peu la métaphore glisse avec élégance vers une autre signification, et le tableau se déplace, toujours très signifiant et très visuel à la fois. Et la scène finale est superbe, dans toute son ambiguïté : qui est là, qui est vivant et qui va mourir? qui appelle et accompagne, qui possède cette piscine, cette maison comme hantée ?
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