Racine, racines

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Racine, racines

Message  Annie le Ven 20 Oct 2017 - 7:34

Natifs d’un monde en périls
nous sommes gens de fortune
la folie nous est commune
et la sève des avrils.

Minuit solaire à la une
les poux mis en équations
le pis s’élude en fractions
d’égalité opportune.

Annie

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Re: Racine, racines

Message  Pussicat le Ven 20 Oct 2017 - 10:56

je lis une photographie en heptasyllabes aux rimes embrassées riches ou soutenues, d'un présent commun. le péril est multiple, prend différentes formes. nous sommes gens de fortune qui est ce "nous", les "Natifs", de quel monde ? fausse voie, fausse lecture par le jeu de consonances qui fait l'illusion sonore dans Minuit solaire à la une qui me faire lire "Minuit solaire à la lune". travail sur la musique, la musique de la langue, travail sur la forme, travail sur l'hermétisme du texte qui ne se livre pas aussi facilement que l'image illustre. la seconde strophe me fait penser à certaines expression, textes de Hubert-Félix Thiéfaine.
je reviendrai
je ne suis pas objective, je craque pour Annie, c'est comme ça, n'a pas écrire des trucs qui me chamboule autant...
je prends je garde !
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Re: Racine, racines

Message  Annie le Ven 20 Oct 2017 - 17:30

Merci Pussi pour tes différentes interventions,
photographie : tu associes ce poème avec le précédent ?

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Re: Racine, racines

Message  HELLION le Sam 21 Oct 2017 - 8:07

Je vais prendre le risque d'articuler mon commentaire en deux temps, le premier ayant trait à la forme et le second au fond. Rien de très original, me direz-vous. Oui, mais, nous sommes ici en présence d'un texte où la forme, la musique devrais-je dire, vient fort habilement recouvrir la proposition d'une vision pessimiste du monde. Il y a dans cette alliance entre un traitement extrêmement soigné d'un portrait péjoratif de « l'étant », une certaine suavité oxymorique qui me laisse admiratif.

Sur une base d'heptasyllabes, cet impair si cher à Verlaine, les deux quatrains, sans autre ponctuation pour chacun, qu'un point final, assume parfaitement leur fluidité et pour satisfaire au but assigné par le poète, leur musicalité.

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air...


Eh bien, la, nous y sommes ! Rythme et sonorités viennent au soutien de l' évocation d'une humanité et d'une époque dépourvue de sens à l'exception, et ce n'est pas rien, « de la sève d'avril » seule concession positive dans l la vision chaotique qui nous est proposée.

Le second quatrain enfonce le clou. Traduction poétique d'un extrait pictural de Jérôme Bosch, à l'incohérence, il ajoute la dérision et l'inconscience du drame qui se joue. Rimes sombres (ou sourdes) par achevant des verres non dénués d'humour
les poux sont mis en équation tandis que « le pis » comme « le mal » parvient à se faire oublier en se laissant distribuer équitablement, ce qui, comme dans un tour d'illusion lui permet de disparaître pour n'être que plus présent.

Voilà donc, un portrait apocalyptique du destin de l'homme « natif d'un monde en périls » et qui n'aurait pour seule ressource que la faculté de ne pas voir ce qui l' attend. Pour ma part, je ne peux rejoindre ce catastrophisme fatal quand bien même votre offre serait-elle assortie d'une indéniable verve. Mais, je vous le concède, adhérer ou non à cette thèse, n'est finalement que secondaire. La vertu de la poésie, lorsqu'elle touche à la qualité, c'est de rendre solaire les plus sombres minuits.

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Re: Racine, racines

Message  Pascal-Claude Perrault le Sam 21 Oct 2017 - 15:37

D’abord, je dois comprendre qu’il y a plusieurs périls... Soit.
Ensuite nous sommes gens de fortune, qu’est-ce que cela veut dire ? Infortunés ?
La folie nous est commune, je suis d’accord, mais la sève des avrils, j’avoue ne pas comprendre.
« Minuit solaire » est-ce un oxymore volontaire ?
« A la une » (tel un journal quotidien)
« les poux mis en équations » Moi y a pas comprendre !
« le pis s’élude en fractions
d’égalité opportune. »

Bref, je comprends de moins en moins.
Cela dit, concernant la forme, je remarque une recherche de cohérence :

"périls
fortune
commune
avrils.
une
équations
fractions"
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Re: Racine, racines

Message  Pascal-Claude Perrault le Sam 21 Oct 2017 - 15:52

« Natifs d’un monde en périls
nous sommes gens de fortune
la folie nous est commune »

Pour l’instant c’est compréhensible et cohérent, mais après :

« et la sève des avrils.
Minuit solaire à la une
les poux mis en équations
le pis s’élude en fractions
d’égalité opportune. »

C’est n’importe quoi ! En tout cas cela ne correspond pas avec la structure de mon cerveau !

Mais peut-être que je suis à l'ouest.
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Re: Racine, racines

Message  Annie le Dim 22 Oct 2017 - 8:42

Merci HELLION - vous voyez le poème plus sombre qu'il n'est
un portrait apocalyptique
non, un appel à chercher la lumière dans le noir. (avec tous les égards pour votre problème de vue)

Et merci PCP, bien que vous restiez en dehors, vous semblez impatient de saisir.
Il faut donner des coups de pieds à mes principes pour apporter quelques mots de commentaire à mon propre poème :
minuit solaire décrit une réalité astrophysique
pour éclairer le dernier vers, je me permets de vous soumettre cette réflexion ironique et banale "on est tous égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres". Question d'opportunité
pour le précédent cette sentence "diviser pour mieux régner". Les fractions, c'est des divisions, non ?

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Re: Racine, racines

Message  Pascal-Claude Perrault le Dim 22 Oct 2017 - 15:39

OK moi comprendre mieux maintenant, mais c'est quand même capillotracté, hein ?
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Re: Racine, racines

Message  isa le Mer 25 Oct 2017 - 18:01

Natifs d’un monde en périls
nous sommes gens de fortune
la folie nous est commune
et la sève des avrils.

Minuit solaire à la une
les poux mis en équations
le pis s’élude en fractions
d’égalité opportune.

Je n'ai pas lu les commentaires en détail mais le dernier de PCP me semble correspondre pas mal à mon propre ressenti... Les mots partent dans tous les sens, ce qui en soit ne me dérange pas mais j'ai du mal à trouver une quelconque unité à ce poème. Les 3 premiers vers ça va mais par la suite je me noie au milieu des métaphores, des images diverses... je crois que les poux et le pis ont été de trop pour que je réussisse à rentrer dans le texte, une autre fois peut-être?
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Re: Racine, racines

Message  Annie le Lun 30 Oct 2017 - 8:01

Natifs d’un monde en périls
nous sommes gens de fortune
la folie nous est commune
et la sève des avrils.

Minuit solaire à la une
l'ombre efface les questions
du noir montent des rayons
d'aménité opportune.

**
L'intervention des lecteurs m'importe.
J'ai donc revu et modifié le poème, fait disparaître les poux et le pis, j'espère ne pas l'avoir trop affadi.
Qu'en disent Pussicat et HELLION ?

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Re: Racine, racines

Message  seyne le Lun 30 Oct 2017 - 17:48

je glisse mon avis : il gagne en intelligibilité, et perd en étrangeté surréaliste (je voyais des hordes de petits poux mathématiques escaladant un pis de vache mystique, qui se fragmentait sous leur assaut).
Je pense que c'est mieux quand même, je suis assez paresseuse devant les choses trop énigmatiques.
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Re: Racine, racines

Message  So-Back le Mer 1 Nov 2017 - 10:39

tout prend racine, sauf les poux çà va de soi disent les pis-tonnés

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Re: Racine, racines

Message  Pussicat le Ven 3 Nov 2017 - 10:59

Ce que j'appréciais dans la ta première version était cette musique impaire conjuguée à l'hermétisme de tes vers filant la métaphore d'un monde allant à sa perte.
A trop vouloir dévoiler l'incompréhensible où l'invisible beauté cachée des mots se refait le portrait histoire d'être présentable si jamais si, on perd cette mystérieuse magie de la langue où l'essentiel n'est pas de comprendre mais de sentir que quelque chose se passe, je ne ne sais quoi mais cela me parle et je suis branchée sur la même longueur d'ondes.
Après les explications, la magie s'évanouit pour laisser place au traité de comprenance...
Quand je disais que certains passages de ton poème me faisait penser à Hubert-Félix Thiéfaine, c'était une chanson en particulier : Soleil cherche futur qui commence ainsi "L'infirmier de minuit distribue le cyanure / Et demande à Noé si le charter est prêt. / "Oh mec il manque encore les ours et les clônures / Mais les poux sont en rut, faut décoller pas vrai ?"
Je ne sais pas ce que sont des "clônures" ni ce que viennent faire ces "poux en rut", mais il se trouve que l'ensemble me parle et me dit quelque chose sur cet homme qui se penche sur lui-même et le monde qui l'entourre...

Ta seconde version gagne en clarté en perdant ce surréalisme baigné d'hermétisme qui le rendait si léger.

Je ne saisis pas toute la poésie de Char ou Mallarmé mais je sais qu'elle m'emporte haut, très haut.

Je préfère et de loin la première version, avec ces poux, ces pis, et ces équations...
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Re: Racine, racines

Message  Annie le Sam 4 Nov 2017 - 9:34

Merci seyne et merci Pussicat
je suppose que la 2° strophe de ce poème n'a pas encore trouvé son équilibre.

Le pis ne va pas, dans mon idée, c'est le pire, le plus moche, je n'ai pas pensé en l'écrivant à l'homonymie avec la vache.

Je me suis interrogée sur "le confort des roses en papier" et devinez ce que m'a répondu google : papier toilette ! ! !

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