La poésie baroque : Annie, Jodelle, Labé, Du Bellay

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La poésie baroque : Annie, Jodelle, Labé, Du Bellay

Message  gypoete barbu le Sam 31 Oct 2015 - 7:56

Annie a écrit sur le fil Poésie / "C'est quoi un spermatozoïde" :
<<< Le sonnet des sommets me semble irréprochable.
Très beau travail, évocateur, et bien dans la veine baroque (j'hésite sur ce qualificatif).
Je n'ai pas retrouvé, ou pas reconnu le patron de Jodelle (patron comme de couture, hein !) mais je reconnais des tournures de Louise Labbé, de Du Bellay : l'accumulation, l'entrechoquement de termes contradictoires.
Ceci dit, je ne suis pas une spécialiste.
Et je ne vais plus répondre sur ce fil, sinon la modération va nous gronder, à juste titre selon ses règles (quoique le site soit un peu dormant ces derniers temps) >>>

Réponse (après changement de fil, sans doute le sujet peut intéresser d'autres vosecri/vains et en faire progresser certains) :

Annie, si tu ne réponds plus, je suis désespéré. Aussi, je change de fil.
Comment ? A 78 ans tu as peur de te faire tirer l'oreille ? Voyons ! Voyons, Mamie !
La poésie baroque française, Jodelle et le patron : voici donc ci-dessous le "modèle" de mon pastiche (l'un des 4 ou 5 pastiches que j'ai commis, tellement ce poème me plaît.)

Des astres, des forêts, et d'Achéron l'honneur,
Diane, au Monde haut, moyen et bas préside,
Et ses chevaux, ses chiens, ses Euménides guide,
Pour éclairer, chasser, donner mort et horreur.

Tel est le lustre grand, la chasse, et la frayeur
Qu'on sent sous ta beauté, claire, prompte, homicide,
Que le haut Jupiter, Phébus, et Pluton cuide
Son foudre moins pouvoir, son arc, et sa terreur.

Ta beauté par ses rais, par son rets, par la crainte
Rend l'âme éprise, prise, et au martyre étreinte :
Luis-moi, prends-moi, tiens-moi, mais hélas ne me perds

Des flambants, forts et griefs, feux, filets et encombres,
Lune, Diane, Hécate, aux cieux, terre, et enfers
Ornant, quêtant, gênant, nos Dieux, nous, et nos ombres.

(et il y a comme ça 19 sonnets du même tonneau. Source : Anthologie de la poésie amoureuse de l'âge baroque - 1570-1640 - présentée par Gisèle MATHIEU-CASTELLANI - Ed. le livre de poche - Bibliothèque classique - 1990 - 475 pages - p. 262)

Etienne JODELLE : 1532-1578 - "Prince des poètes tragiques" - gratifié par le roi Henri II - Chargé par ce roi d'organiser les Fêtes de la Cour - Tombé en disgrâce pour son soutien à la Réforme et à la St Barthélémy - Très apprécié par Ronsard, Agrippa d'Aubigné et Du Bellay -

Quant à Louise Labbé, j'adore ... mais je ne veux pas être trop long.

Et Pierre de MARBEUF ? Voici un de ses plus beaux sonnets (je l'aime à la folie et le connais presque par cœur.) Réf : même bouquin, p. 317

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage.
Et la mer est amère, et l'amour est amer.
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage.
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer.
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour* eut la mer pour berceau.
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau.
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

* Aphrodite / Vénus

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