Je ne sais pas pourquoi (27 et épilogue)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Je ne sais pas pourquoi (27 et épilogue)

Message  jeanloup le Lun 28 Sep 2015 - 11:33

C'est parti ! Nébus nous emmène en camping. Nous sommes tous là ce week-end car le groupe dans son entier s’en va passer deux nuits sous tentes. Nous ne reviendrons que lundi puisqu’il n’y a pas d’école à cause de la Pentecôte.
Esdef conduit le minibus. Glassouille et Banzaï nous accompagnent également. Je ne pensais pas revoir le chinois ailleurs qu'à la montagne mais comme Conan ne vient plus car il ne va pas bien, l'étudiant vient parfois donner un coup de main.
Nébus s'immobilise devant un petit immeuble. Le conducteur quitte le véhicule, pénètre dans l’entrée, puis en ressort quelques minutes plus tard accompagné d'un chien énorme, tout plein de poils partout. Il y en a même qui lui tombent sur les yeux, comme les cheveux de Cyril. C'est le chien de l’adulte. Il s'appelle Bonhomme et il est tout content de venir avec nous. Ça se voit car il frétille du derrière et nous lèche partout avec sa grande langue. Alexis a peur. Il croit que Bonhomme va le mordre ; pourtant on voit bien qu’il est gentil. Nous lui faisons une place, et tout le monde essaye de le caresser en dépit des cris de Glassouille qui veut que nous restions tranquilles. Grâce à la présence inédite du meilleur ami d’Esdef, Le trajet n’est pas ennuyeux.

Il n’y a d’ailleurs pas si longtemps que nous sommes partis quand Nébus nous dépose dans un grand espace vert où la nature est reine. Il n'y a que très peu de monde. Il y a de l'herbe, des buissons, des arbres et plein de buttes, mais il y a surtout un lac. C'est magnifique!
- " On peut se baigner ? " Demande Guillaume.
On lui répond que non. C'est interdit ! En plus, au mois de mai, L'eau doit être très froide. Lui, il s'en fiche que l'eau soit froide, mais on nous dit qu’ici, la baignade est dangereuse. Je ne sais pas si c’est vrai.
En arrivant, nous ne pouvons pas jouer beaucoup car il faut monter les deux tentes. Esdef en occupera une en compagnie de cinq enfants et Banzaï sera dans l'autre avec les cinq restant. Glassouille ne dormira pas là. On ne veut pas d'une femme dans la tente avec nous. Et puis le camping... Ca ne lui plaît pas à elle.








Cette première soirée était sympa. Il y en a qui sont allés chercher du bois pour faire un feu. Esdef a dit O.K. pour le bois mais pas question de l’enflammer, on fera ça demain soir. Ensuite, nous avons mangé. Moi, j’ai donné ma part au chien. Il devait avoir très faim parce qu’il a tout englouti en moins de deux seconde. La nuit n'était pas encore tombée lorsque nous avons pris place dans nos abris respectifs. Je suis dans la même tente que Bonhomme. Son maître, au début, voulait qu’il reste dehors, mais moi, j’avais vraiment envie de dormir avec lui, alors il est à l’intérieur. On lui a fait sa place à côté de la porte. Je suis juste à côté. C’est donc moi qui ai la tâche d’ouvrir la fermeture éclair si le chien veut sortir la nuit, mais je ne vois pas pourquoi il devrait s’en aller.
Esdef est couché près de moi, puis on trouve alignés Fabien, Johnny, Tony, et tout au fond, Eric.
Nous sommes longtemps sans dormir, car bien que nous soyons tous allongés, au chaud, dans nos duvets, nous discutons allègrement. Johnny parle de Youssef car il a reçu chez lui une carte postale de Tunisie. L'Arabe est retourné vivre là-bas avec son père et il est très heureux. J'en profite puisque que nous en sommes aux pays étrangers pour demander à l’adulte s'il connaît l'Australie. Je pense que Jean-Philippe se trouve dans cette grande île, mais ça, je ne veux pas lui dire.
Esdef me répond que non, puis comme intéressé, il me demande pourquoi je pose cette question. Johnny, qui a tout compris, dénonce méchamment mes raisons. Si le plus grand garçon du groupe sait déjà ce que je pense, c'est que j’en avais parlé, une fois, à Alexis ; et lui, stupide, est allé le répéter à tout le monde et n’importe qui. Depuis Johnny se moque de moi. Il dit qu'il faut être bête pour croire que mon copain a rejoint son père là-bas, d'autant que Jean-Philippe n'a jamais eu de père.  Ce qui est idiot. Je ne sais pas pourquoi il dit ça.
Fabien, maintenant, questionne directement Esdef sur la disparition étrange de notre camarade la veille du premier mai. En effet, depuis ce matin où il était malade, nous ne l'avons plus revu. Les adultes nous ont dit qu'il avait changé de Centre. Mais ce n'est pas possible. Il n'aurait pas pu aller ailleurs comme ça, si vite... Sans rien dire à personne. Et puis, on voit bien qu'ils mentent. S'ils mentent, c'est qu'ils ne savent pas où il est. S’ils ne savent pas, c'est forcement parce qu'il a surpris tout le monde en partant pour l'Australie. Tout le monde sauf moi. Je pensais bien qu'il le ferait un jour. Mais pas déjà.
Quand il serait plus grand. Je lui en veux un peu de ne pas me l'avoir dit. Il sait sans doute que je lui aurais demandé de m'emmener. Il pense peut-être aussi que je suis trop petit. Un jour, j'irais le retrouver, mais je ne sais pas comment y aller. J'ai regardé sur le globe du monde qu'il y a dans la grande salle. C'est drôlement loin. J'ai cherché dans les livres qui se trouvent dans l'armoire mais je n'ai rien trouvé sur ce pays lointain. Alors, je voulais profiter de cette circonstance favorable pour questionner discrètement Esdef. C'est un adulte. Il sait sûrement beaucoup de choses. A présent, pour la discrétion, c'est foutu car Johnny a vendu la mèche et il sait donc ce que je crois savoir ; j'espère que ça ne causera pas d'ennuis à mon ami et qu'à cause de moi, ils ne vont pas le retrouver et l'obliger à revenir.
L'adulte finit par me dire qu'il ne connaît pas du tout l'Australie mais que c'est sûrement très beau et que si Jean-Philippe s'y trouve, personne n'ira l'embêter.
Fabien est drôlement surpris de voir l'adulte penser que j'ai sûrement raison. Il lui demande, l’air étonné :
- " Tu crois vraiment qu’ il est là-bas ? "
Esdef, dont l’expression semble soudain mystique, lui répond, apaisant : " En Australie… Ou au delà... Il est bien où il est. Maintenant que le silence enveloppe nos corps et caresse nos âmes. Le marchand de sable est passé. Un, deux, trois, lune... Dormons ! "  
J'enfonce mon visage dans les poils de la bête qui a sombré dans le sommeil depuis belle lurette et je m'endors, heureux.









Ce matin, je me suis réveillé de bonne heure à cause de Bonhomme qui voulait sortir. Le jour se levait à peine. Tout le monde dormait. Il faisait froid et l'herbe était mouillée, pourtant, je suis sorti en pyjama et pieds nus. Je suis allé avec le chien jusque sur le bord du lac.
Banzaï est sorti de sa tente peu après. Il m'a dit de retourner me coucher ou bien de m'habiller.
J'ai enfilé mes vêtements et mes tennis, puis nous avons préparé ensemble le petit déjeuner.
Tous se lèvent, petit à petit, heureux de trouver au réveil, le chocolat chaud.









L'adulte nous a montré comment monter les lignes mais je n'ai rien compris. Il a préparé la mienne et maintenant, j'attends à ne rien faire. Je regarde mon bouchon flotter sur l'eau. Je le laisse doucement revenir vers moi, et puis, de temps en temps, je le renvoie plus loin.  
C'est à une journée de pêche qu'Esdef nous a convié mais je ne sais pas pourquoi je n'attrape pas de poisson. Julien, lui, en a déjà sorti quatre. C'est le meilleur pêcheur, ou bien le plus chanceux. Je suis le seul avec Guillaume et Banzaï à ne faire aucune prise ; alors parfois, je vais jeter un œil sur les poissons capturés qui nagent dans les seaux. L'adulte n’aime pas que nous les prenions dans la main. Il a peur qu’on les abîme car il veut ensuite, quand nous aurons fini, que nous les remettions à l'eau. C’est idiot ! Je ne sais pas pourquoi on pêche les poissons si on doit les renvoyer chercher une autre ligne ailleurs. Pourquoi ne les mange-t-on pas ? Ca ne sert à rien de les faire souffrir pour rien.
Johnny se moque de moi. Il prétend qu'ils ne souffrent pas.
Je n'en crois pas un mot. On voit bien qu'il n'a jamais été poisson, lui.

Banzaï laisse tomber la pêche. Il jongle avec un ballon que, prévoyant, il avait amené ; alors je vais vers lui pour jouer moi aussi. Guillaume nous rejoint aussitôt.
Esdef me dit, de loin, que si je ne pêche plus, je dois ranger mon matériel. Guillaume lui répond que nous continuerons après… Alors il nous laisse faire.
- "Guillaume! T'en as un ! "
C'est Fabien qui appelle avant d’aller saisir la canne du manieur de ballon car celui-ci l’avait fixé pour qu’elle reste en position.
Le spécialiste des poissons, du moins de ceux qui vivent en mer, affirme que celui qui gigote au bout de la ligne du chanceux est un sacré morceau.
Guillaume court reprendre son bien en criant à tue-tête : " J'en ai un! J'en ai un ! " Comme s'il y était pour quelque chose.
Je le suis, pour voir. J'imagine un instant qu'il va sortir de l’eau une vieille godasse, et cela me fait rire. Mais non ! C'est bien un poisson... Et un beau. Il ordonne qu'on y touche pas. Il veut le ramener et le décrocher lui même. Pour ce qui est de le ramener, il y parvient sans problème, mais pour retirer sa prise… Ca, c'est une autre histoire. Il a beau faire, se démener… La bête a avalé l'hameçon et elle ne veut pas le lâcher.
Eric accourt afin de lui venir en aide, puis c’est Johnny qui s’y met. Seulement voilà, c'est impossible. Le pauvre prisonnier regarde tout autours de lui les humains qui s’agitent. Il ne bouge plus que par moments, tente par quelques secousses de se dégager, puis s'immobilise un peu pour calmer sa douleur. De sa bouche grande ouverte dégouline du sang.
Le petit crochet métallique ne paraît pas vouloir abandonner la tendre chair de l'animal blessé. L'adulte tente sa chance à son tour. Il dit qu'il faut le faire avec délicatesse, mais il se met le doigt dans l’œil car il n'y arrive pas plus. Il a beau manipuler le fer dans tous les sens, il ne fait que triturer le palais du captif comme un bourreau de torture.
Je ne veux plus voir ça. Je crois qu'il ferait mieux de le tuer tout de suite. Et je le dis.
- " Tu veux l’euthanasier ? " Me demande l'adulte, en me tendant le condamné avec le fil transparent au bout duquel il est toujours solidement accroché.
Je réponds :" C'est pas moi qui l'a attrapé! " Et je m'écarte de l’horreur.
Enfin, après s'être fait arraché la moitié de la gueule, le voilà libéré, puis jeté dans le seau comptable de nos performances. Je crois que définitivement, je n'aime pas la pêche.
Je décide de quitter cette inhumaine activité. Cette fois, je range mon matériel, avant de partir avec Bonhomme explorer les alentours.




Il y a des petites collines que je monte en courant et que je redescends à la vitesse du vent. Il y a des arbres qui me cachent de la bête du Gévaudan. Je cours, je m’arrête brutalement, je demitour, je redémarre par derrière, par devant ; et le chien me poursuit, parfois me mordillant. Je lui dis de partir, il s'en va gentiment. Je le rappelle et aussitôt, il revient tout content. Il m'obéit drôlement bien. Bien mieux que mon propre chien ; mais c'est parce que Filou, lui, il est encore petit.
Je me suis éloigné de notre campement mais il y a toujours le lac. Il y a aussi, non loin de l'eau, assis en train de pique-niquer, trois hommes qui ne sont pas pêcheurs… Ou alors autrement. Ils sont Sales comme des poux. Enfin, sales comme moi. Et rasés comme des gainsbards, ce qui n’est pas encore mon cas. Deux chiens leur tiennent compagnie, c’est la raison pour laquelle mon compagnon m'attire vers eux. Il va se présenter à ses congénères inconnus d'une manière fort sympathique, en remuant sa queue et en leur léchant les babines. Au début, j'avais un peu peur qu'ils ne veuillent étriper l’intrus ; mais non, ce sont des chiens pacifiques, content d’accueillir un nouvel ami.
Les hommes aussi sont pacifiques. Ils rigolent et me reçoivent tout aussi bien. Que mon chien soit un mâle ne les inquiète pas. Les leurs forment un couple incertain, Le mari et la femme ? Mais le mari n'est pas jaloux. Il faut dire que Bonhomme est bien plus gros que lui.
- " Vous faites quoi là? " Je leur demande
- " Il est de la police le petit. " Dit l'un, sans rire.
Un autre, soupçonneux, me demande si j'ai ma carte.
Je leur dis amicalement que je ne suis pas policier. Je me demande d’où ils sortent. Ils ne sont guère cultivés car un flic de mon âge, je crois que ce n'est pas possible.
Comme je reste auprès d’eux, ils m'offrent en partage leur nourriture très simple. Je mange volontiers un sandwich. Bonhomme n'est pas en reste. Il a droit lui aussi à un morceau de pain. Je réclame aussi du vin, ce qui fait rire mes hôtes. Ils se moquent de moi car ils croient que je ne bois que de la grenadine. Je leur apprends qu’ils se trompent, que ma consommation n’est pas celle d’un petit garçon, alors évidemment, le produit de la vigne ne m’est pas étranger. Il n’y a pas à s'inquiéter.
J'en renverse un peu sur moi car je bois au goulot, et comme en plus, ils me font rire, j’avale difficilement. Ils me demandent pourquoi je suis venu ici ? Qu’est-ce que je fais tout seul ?
Je leur réponds que je suis avec le groupe là-bas, et je montre du doigt.
- " D'ici on devrait les voir. " Je dis, en me décalant de quelques mètres pour me rendre près du bord. Je devrais les voir mais je ne les vois pas. Ils ne sont plus là. Du coup, je m'inquiète un peu et quitte aussitôt mes amis pour courir, dans la foulée de Bonhomme qui me suit par devant, en direction des tentes.

Je les retrouve facilement. S'ils ont quitté le bord de l'eau, c'est qu'ils se sont regroupés en amont pour manger ; car Glassouille a apporté le pique-nique.
Je ne sais pas par quel éclair de lucidité et d'intelligence, juste avant d'arriver à leur hauteur, j'ai retiré mon sweet, car j'ai subitement pris conscience qu'il était tâché de vin. Si Glassouille avait vu ça, j’aurais pu payer cher cet instant d’insouciance.
Ce n'est pas sans soulagement que je me rends compte que malgré mon retard, je ne fais l’objet d'aucun reproche. Toutefois, on me dit que si je voulais du melon, il n'y en a déjà plus. Quand aux paquets de chips, puisqu’ils ont tous trouvé preneur, il faut que j'arrive à convaincre les copains de m'en donner, ce qui est une tache quasiment impossible.
- " Tu n'étais pas là ! C'est que tu n'as pas faim ! " Me répète on constamment, comme une leçon apprise.
Je m'en fiche après tout. J'ai déjà mangé. L'important est d’être arrivé à temps pour le dessert ; et ma banane, personne d'autre que moi ne la dévorera.






Dès le début de l'après-midi, Banzaï propose d'emmener des garçons jouer au foot sur un terrain situé de l'autre côté du lac. J'y serais bien allé mais ils vont jouer avec des grands d'au moins vingt ans, connaissances pour certains de l'étudiant chinois car il habite dans le coin et il vient souvent là ; alors ça ne m’intéresse pas car il faut savoir bien jouer. Seuls Guillaume, Johnny et Fabien relèvent ce défi. Je ne me remets pas à la pêche non plus. Je profite de la confusion due à la scission du groupe pour échapper à la surveillance des adultes et retourner avec Bonhomme voir si les trois types et les deux chiens sont toujours là.
Je les retrouve au même endroit, mais à présent, ils jouent aux cartes. Ils me proposent gentiment de me joindre à leur partie de poker. Je veux bien, mais je n'ai pas d'argent. ils disent que ce n'est pas grave, qu'on peut toujours se débrouiller autrement. Et puis, je ne sais pas y jouer. Aucune importance. C'est très facile d’apprendre ! C'est vrai que ce n'est pas difficile. J'apprends très vite.

Après peut-être une heure pourtant, je choisis de les quitter car ils deviennent trop embêtants, et je crois qu'ils sont saouls. Au début, j'avais beaucoup de chance. La chance du débutant disaient-ils ; et j'ai gagné beaucoup de fric. Mais ensuite, j’ai tout perdu et je devais payer en gage, mais c’était pas marrant. Alors je repars, toujours avec Bonhomme, pour faire la découverte de manière plus approfondie de ce site agréable, et décide pour cela de faire le tour complet du lac.
C'est vraiment bien ici. Il y a des moments où je suis juste au bord de l'eau, et puis... On ne peut plus passer. Il faut revenir sur ses pas, faire le tour par derrière une butte, avant de retrouver le lac.
Il y a aussi des arbres dont les branches s’aventurent loin au dessus de l'eau. Je grimpe sur l'une d'elle. Je me demande si je pourrais plonger. Je n'essaye pas. Je ne sais pas si c’est profond à cet endroit car l'eau n’est pas claire et on ne voit pas au travers ; et puis, je ne peux pas laisser Bonhomme tout seul. Il a peur et il m’aboie de revenir. Lui, il ne peut pas me suivre sur la branche.
Je reviens sur la terre. Le chien me fait la fête. Nous repartons. Au cours de ce périple, tout en me déplaçant, je repense à l’année qui vient de s’écouler. Le temps est passé très lentement, pourtant, lorsqu'à présent je me dis qu'il ne reste qu'un mois, cela me fait tout drôle. Jusque là, je n'avais jamais réalisé qu’un jour l'année se terminerait. Cet été, j'irais sûrement en colo. Je ne sais pas encore où. Et puis l'année prochaine, je pense avec tristesse que je reviendrais dans ce Centre. Au fond, ça n'a pas vraiment d'importance puisque je n'ai plus de copains dans ma cité. Mais quand même, je n'en ai pas envie.
Tiens ! C'est dégagé par ici. Je ne sais pas à quelle distance nous sommes du campement mais j'aperçois un terrain de foot. J'y cours avec Bonhomme. Il y a plein d'adultes, ou grands adolescents qui disputent un match. Il y a aussi mes trois camarades. Fabien est le gardien de but de l'une des deux équipes. Je m'en approche et lui demande :
- « C'est qui qui gagne ? »
- " C'est eux. Trois à zéro... Mais c'est parce qu'on rate toutes nos occases. "
- " Alors Guillaume et Johnny ils ont pas marqué ? "
- " Non... Banzaï m'a mis un but. Guillaume et Banzaï sont contre nous. "
Tout à coup ! Il me pousse ! Un joueur adverse en possession du ballon arrive à toute vitesse vers nous. Fabien se positionne mais… Bonhomme est le plus rapide. Il s'est élancé si vite qu'il chipe la balle à l'attaquant avant que celui ci n'ait le temps d'armer sa frappe.
Le footballeur dépossédé rouspète après le chien. Il prétend qu'il allait marquer le but.
Il oublie un peu vite que mon copain garde la cage ; et moi qui le connais bien, je peux dire qu'il a de sacrés bons réflexes. Je suis certain qu'il aurait arrêté le tir de ce guignol qui n'est même pas capable de dribbler un toutou. S'il n'est pas content, c'est surtout parce qu'il en veut à l'animal d'être plus talentueux que lui.
Les joueurs essayent de reprendre la partie, mais Bonhomme aime beaucoup ce jeu ; il décide donc de participer. Où qu'aille la sphère plastifiée, il y est le premier. Personne ne peut rivaliser avec un tel sprinter. Alors bon joueur, il s'en écarte un peu pour permettre à l’humain qui ose le défier de shooter le ballon, puis il se précipite et à nouveau le récupère.
- " Hé! T'appelles ton chien! " Me crie un footballeur en bleu, qui ne me connaît même pas.
Banzaï saisit le meilleur joueur par le collier, et me le ramène.
- " Qu'est-ce que tu fais là toi ? " Il me demande par la même occasion. Et s’étonne : “  Tu es venu depuis là-bas jusqu'ici tout seul ”
- " Je suis pas tout seul. Je suis avec Bonhomme. " Je lui fais remarquer.
Il me dit de vite retourner où se trouvent les autres adultes.

Puisqu'ils ne veulent pas de nous, nous repartons. Nous regagnons le bord du lac pour en continuer le tour. Je suis complètement à l’opposé par rapport aux pécheurs. Jusqu'ici, chacun de mes pas m'éloignait ; désormais, que j’aille dans un sens ou dans l’autre, chaque enjambée me rapprochera. Bonhomme n'a pas compris car au bout de quelques minutes, il s'arrête et ne veut plus avancer. Il me regarde avec des yeux qui me disent : " Ca fait beaucoup de chemin David. Il est temps de faire demi tour?" Il ne sait pas, lui, que le lac est circulaire, et que sans jamais rebrousser chemin, nous revenons à notre point de départ. Je lui explique que c'est comme si on faisait le tour de la terre. Mais Bonhomme n'a pas vu le globe à l'appartement, alors évidemment, il ne peut pas comprendre.
Ce n'est pas sans difficulté que je parviens à le convaincre de continuer mais il me fait enfin confiance. Cela me fait penser... Je me demande en fin de compte si je ne serais pas capable, cet été, de partir pour l'Australie. Comme ça, je n'aurais pas à revenir ici l'année prochaine.







Me voilà de retour près des tentes. Les pêcheurs sont déjà en train de goûter alors que les footballeurs ne sont pas encore revenus. Je me saisis d'un paquet de B.N. J'ai un petit creux, moi, maintenant.
- " Il faut en laisser pour ceux qui ne sont pas encore là ! " Me dit l'adulte.
Est-ce qu'on m'en laisse à moi lorsque je viens après ?
Julien me dit qu'ils ont attrapé plein de poissons : " Vingt deux !"
- " Dix neuf !" Rectifie Eric.
- " Non. Vingt-sept ! " Prétend Aldo.
Enfin plein quoi. Mais ça n'a pas la moindre importance puisqu’ils ont vidé les seaux dans le lac, libérant ainsi les suppliciés prisonniers. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont fait ça. Nous aurions bien pu les faire frire sur le feu ce soir.
L'adulte nous harangue : " Si vous voulez faire du feu, il faut aller chercher du bois! "
- " On en a ramené Hier" Dit Eric, qui lui pourtant n'avait rien ramassé.
- " Il n’y en a pas assez. Ce n'est pas trois brindilles et une branche maladive qui nous ferons faire feu de joie. Il faut du bois, encore du bois, du petit, du gros, du sec chaque fois. Allez ! De vos bras hardis ! Ramenez des fardeaux pour durer toute la nuit ! "
C'est vrai qu'il en manque peut-être, mais il n'y a pas que trois brindilles et une branche maladive. Il dit n'importe quoi.
- " Et ceux qui jouent au foot ? Y vont rien aller chercher eux ? " Se justifie Alexis.
- " Et bien faites comme vous voulez ! " Répond l'adulte agacé " S'il n'y en a pas assez… il n'y aura pas de feu du tout. Moi ça ne m'ennuie pas, au contraire, on se couchera plus tôt."
Moi, j'ai envie qu'on fasse un feu, alors je cours vite sur le bord du lac car j'y ai vu pas mal de branches.
L'adulte me rappelle : " Au bord de l'eau, il risque d'être mouillé. Va plutôt par là-bas! "
C'est vrai que de l'autre côté, il y a beaucoup d’arbres. Je m'y rends donc en quête de bois à brûler.





Nous en avons ramené beaucoup. Vraiment beaucoup. Je crois que ça va cramer pendant des jours et des jours. C'est parce que ceux qui étaient au foot ont voulu eux aussi, à leur retour, aller en ramasser. Nous voulions faire le feu de bonne heure pour y faire cuire à manger, mais l'adulte n'a pas voulu. Ce n'est qu’une fois le repas terminé qu'on a allumé l’incendie. Il n’a pas pris très vite, mais une fois qu'il pris… Il a vraiment bien pris ! Il éclaire notre campement et réchauffe nos corps au fur et à mesure que la nuit et le froid enveloppent la terre. Ainsi il fait toujours jour et nous avons toujours chaud alors que le soleil nous a déjà laissé tomber. Nous, on enflamme des brindilles, qu'on fait tournoyer. Ca fait joli. C'est Johnny qui nous montré comment faire. Les adultes n'aiment pas trop çà. Ils prétendent que c'est dangereux. Encore heureux que Glassouille soit repartie, elle aurait piqué une crise. Pourtant, nous ne sommes pas idiots. Nous faisons attention.
Banzaï a ramené un banjo pour faire comme dans les westerns, mais il ne sait pas bien jouer. Il nous accompagne musicalement pendant que nous chantons mais il dérape souvent, il faut sans cesse recommencer ; alors, pour ne pas lasser, et s’en sortir élégamment, il finit par s'en servir comme instrument de percussion. Nous en faisons autant avec tout ce que nous pouvons. Morceau de bois, casseroles, piquets... Chacun sa musique, chacun son instrument. Moi, je tape sur la gamelle en plastique de Bonhomme ; alors il me saute dessus, me renverse et me lèche. Je ne sais pas s'il fait ça pour m’empêcher de jouer avec l’objet qu’il préfère ou si c’est parce qu’il veut que je lui donne à manger.
Je demande à Esdef :" Il a pas bouffé Bonhomme ? "
- " Non seulement il a mangé sa ration quotidienne mais ce que vous lui donnez en plus de vos repas la triple facilement.  Ne t'inquiète pas pour lui ! "


C'est le temps maintenant, après avoir veillé si tard dans la nuit, de regagner les tentes et d'aller nous coucher.
- " On attend que le feu soit éteint ! " Réclame Fabien.
- " Non." Lui dit l'adulte. " Il est déjà très tard. Tout le monde au lit."
- " Si ça brûle quand on dort, ça peut mettre le feu aux tentes. "
- " Mais non. Mais non. Allez vous laver les dents, et à vos matelas!"
- " Quels matelas ? " S'étonne Eric.

Que de bousculades et de flotte renversée pour nous brosser les dents, tous ensemble, dans le noir. Et c'est un jerrican qui nous sert de robinet.



Ce fut assez bordélique pour nous déshabiller car la tente est petite et tout le monde était excité, mais nous avons quand même tous retrouvé nos places et nous nous sommes couchés.
Bonhomme ne veut pas dormir. Il n'arrête pas de bouger et de se déplacer alors je n’arrive pas m'installer vraiment. Ce petit remue-ménage agace l'adulte, qui me dit : " laisse un peu ce chien! "
Ce chien en question, justement à ce moment, se place du côté de mes pieds. Ca m'ennuie. J'aime mieux l'avoir à ma tête. Comme un oreiller doux qui soutient mon visage, près de ma main qui le caresse et de ma bouche qui l'embrasse. Je m'apprête à opérer un demi tour avec mon corps mais la main de l'adulte me bloque par le bras. Il me dit :  
- "Ne bouge plus ! Reste comme ça et dors ! S’il veut revenir, il reviendra tout seul, et s'il s'est mis à tes pieds, c'est qu'il est mieux comme ça. "
Je suis un peu triste, alors à défaut d'enfoncer mon visage dans les poils soyeux du chien, je le colle sur la poitrine moins fournie de l'adulte, avant de m'endormir.


Je suis avec Jean-Philippe. Nous jouons au mini-golf, dans l'herbe. Il triche afin de passer plus vite d'un trou à l'autre. La partie n'a pas d’intérêt. C'est ennuyeux. Tout à coup, nous sommes chez moi, dans ma chambre, assis par terre pour jouer. Filou, mon petit chien vient s'amuser avec nous. Il est drôle. Il lèche mon copain partout. Ça le fait rigoler. Comme l’animal lui lèche la braguette, Jean-Philippe le repousse. Le chiot s'est écarté mais la fermeture éclair est ouverte... Et je vois son sexe. Je ne sais pas pourquoi, je tends la main et le lui touche... Alors il veut absolument me prendre… On se retrouve nus tous les deux. Il s’allonge sur moi et je le laisse faire ; pourtant… Il n'a pas commencé à me pénétrer que je me mets à crier, à me débattre comme un fou… Et puis, je le fais tomber. Il ne va pas bien. Je le couche sur mon lit. Il semble très malade. Je lui demande: " Qu'est-ce qu’ il y a ? " Il ne me répond pas. Je ne sais pas quoi faire. J'ai peur. Mais nous voilà soudain enveloppés par les draps. Ils ont pris vie comme des fantômes et ils nous emprisonnent. Je n’arrive pas à m’en défaire. Je vais sans doute mourir.
- " Aie !" On me marche dessus. Je ne suis pas sous les draps. Ces imbéciles ont retiré toutes les sardines et les piquets, et la toile de tente s'est écroulée sur moi.
Je sors du piège en rouspétant : " Ca va pas ! Qui c'est qui donne des coups de pied ? "
Personne ne me le dit, mais tous se moquent de moi.
Il fait grand jour. L'autre tente est dans le même état que la notre mais il n'y a plus personne dessous. Chez nous, il y a encore cette marmotte de Fabien. Décidément, rien ne le réveille.
Guillaume se déplace sur la toile, cherchant du pied la forme humaine qui n’a toujours pas bougé.
Je ne me demande plus qui avait pu marcher sur moi.
Contrairement à ma personne, le jeune adolescent pour qui l’apnée n’a pas de secret, ne se montre toujours pas.
Je délaisse cette scène qui ne m’amuse pas pour m’approcher de Banzaï qui, accroupi près du réchaud, regarde du lait tourner dans une grande casserole. Il me dit : " Tu veux déjeuner ? "
Le mouvement très léger de ma tête répond par l'affirmative.
Il me sert un bol de lait, et puis du chocolat.
Notre grand feu est complètement éteint. C'est triste. L'ambiance d'hier soir est cassée, et les tentes abattues donnent au campement une odeur de départ.
- " Allez ! " Dit Esdef  " On plie les tentes et on range tout ! Il faut qu’au retour de Glassouille nous ayons terminé ! "

Pendant que je déjeune, les habitants de l’autre tente plient convenablement leur toile ; tandis que ceux de chez nous essayent toujours de faire sortir le squatter endormi. Le soleil est présent. Il fait beau. C'est bien !
- " On pourrait rester plus longtemps ! Jusqu'à demain ! " C'est la demande du petit caïd.
- " Demain, vous allez à l'école! " C’est la réponse de l’adulte.
Guillaume a raison. Il serait comme même plus intéressant de demeurer ici plutôt que retourner en classe ; d'autant qu'il ne reste plus qu'un mois. Qu'est-ce que ça peut bien faire ?







La matinée fut très courte. L'après-midi est pêche encore une fois. Encore une fois, je ne lance pas de ligne. Encore une fois, je vais jouer avec Bonhomme. Les trois hommes rencontrés hier ont déserté le coin. Tant mieux. Je ne referai pas le tour du lac aujourd'hui. Il faut dire que je ne peux pas trop m'éloigner car Glassouille, qui nous a rejoint, me surveille particulièrement. Elle doit être vexée de n'être pas parvenue à me tenir sous son regard hier. Il n'y a pourtant pas de quoi. Je suis revenu sans avoir fait de bêtise. Sale bien sûr, mais c'est normal en camping. C'est Banzaï qui l'a dit. Je n'étais d'ailleurs pas le seul, qu'il s'agisse des pêcheurs ou des footballeurs, ils n'avaient rien à m'envier sur le plan de la crasse. C'est peut-être pour ça que Glassouille n'aime pas le camping.


En fin d'après-midi, Nébus nous ramène au Centre, après avoir, comme à l'aller, opéré un détour afin de déposer Bonhomme en son logis.












EPILOGUE


Le dernier mois est passé vite. On m’a peu embêté, peu puni, malgré que très souvent, je m’évadais de classe. Le numéro d’acrobaties avec Fabien et Johnny est mort sans même avoir vécu. Je ne sais pas exactement quand nous avons renoncé. Je ne sais pas pourquoi. Sans doute le spectacle n’avait pas besoin de ça. La grande représentation eu lieu la semaine dernière, devant un public important. Le reportage diapos faisait office d’introduction. La séance de projection fut sensiblement écourtée par rapport à ce que nous avions vu. Il n’y avait pas le temps, paraît il, de faire plus long car le programme de la journée était trop chargé. A cause de ça, bien des photos ont disparus du montage, et à ma grande surprise, celle si belle où je moussais, radieux comme un ange nu. Alors après que l’écran plein de neige se soit enroulé sur lui même, j’ai quitté ceux qui faisaient semblant de s’amuser pour m’en aller oublier dans le bois printanier que mon absence dans le spectacle n’affecterait personne.

Aujourd’hui, C'est le dernier jour. Nous sommes le 28 juin… Ce soir, nous rentrerons chez nous. Toutes nos affaires sont déjà prêtes. Dans une heure, les premiers parents viendront récupérer leur progéniture pour les grandes vacances. L'année prochaine, je ne serais plus là. On me l'a annoncé hier. Je ne sais pas où j'irais. J'espère que je vais retourner dans mon ancienne école. On ne peut pas dire que j'adorais m'y rendre, au contraire, mais dans n'importe laquelle, de toute façon, ce serait pareil. L'école c'est nul ! Mais là-bas au moins, cela me permettrait peut-être de renouer avec les copains que j'ai perdu. Bien sûr… On m'avait dit lorsque je suis venu ici qu’ils ne voulaient plus de moi; mais c'était il y a longtemps. Peut-être que maintenant, ils ne m'en veulent plus et m'accepteront. Sinon... Je ne sais pas. J’ai la tête un peu vide. C'est drôle, il y a des jours comme ça... Souvent.
Les enfants sont au sport, pour la dernière séance… Et moi… Je ne sais pas quoi faire. Je tourne en rond depuis pas mal de temps. Que l’heure ne passe pas vite !
Esdèf est assis sur les marches devant le bâtiment. Je me demande bien ce qu'il fait là. Il attend sûrement la sortie des enfants. Il ramasse le gravier par terre, puis le fait couler de son poing fermé. Je ne sais pas pourquoi il fait ça.  Je m'approche, puis je m'assois à ses côtés. Il ne dit rien et continue comme s’il ne m’avait pas vu.
Je ramasse quelques gravillons que je lance plus loin. Au bout d'un moment, je lui dis:
- " L'année prochaine… J’irais dans mon ancienne école. "
Il sourit et me demandes : " Tu es content ?"
- " Oui. "
- " Tant mieux ! "
- : " Toi aussi t'es content ! "
- " Pourquoi tu dis ça ? "
- " Parce que je serais plus là. C'est mieux pour le groupe. Je ne vous embêterai plus. "
Il sourit encore et me dit : " Tu sais... Je m'en fiche. Moi aussi je m’en vais. "
- " Ah bon! Tu vas où ? "
- " Je ne sais pas. "
- " Pourquoi tu restes pas ?"
- « Parce que la vie est ainsi faite, de jours de pluies et de tempêtes, que le soleil n'est là au loin que pour faire croire. »
- " Ca veut dire quoi ? "
- " Ca veut rien dire. Je dis parfois des choses qui ne veulent rien dire. "
- " Pourquoi ?"
- " Je ne sais pas pourquoi. "

jeanloup

Nombre de messages : 112
Age : 102
Localisation : choisy le roi
Date d'inscription : 23/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (27 et épilogue)

Message  Frédéric Prunier le Ven 9 Oct 2015 - 16:12

les deux derniers chapitres et l'épilogue me laisse un peu sur ma faim, surtout la fin...

pas d'explication
manque un peu de truc à se mettre sous la dent de la réflexion tout ça

on se demande un peu le pourquoi du truc

alors que chaque scène est très vivante et bien racontée, je trouve que le "squelette" de l'histoire manque un peu de solidité...

sinon,
bravo pour l'ensemble du travail
ma lecture a toujours été agréable...

amitié
frédéric
avatar
Frédéric Prunier

Nombre de messages : 3568
Age : 55
Localisation : MONTLUCON
Date d'inscription : 08/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur http://www.quai-favieres-antiquites.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (27 et épilogue)

Message  jeanloup le Lun 12 Oct 2015 - 13:21

Merci Frédéric pour tes commentaires tout au long du récit. J’aurais préféré, de loin, qu’on puisse en discuter dans la réalité mais le fait d’avoir un retour ( si infime soit-il )sur ce que j’ai écrit m’apporte quand même beaucoup.

Je craignais en mettant ce roman en ligne que l’on s’ennuie en le lisant et pour tout dire, j’ai cru un temps que même toi, tu avais lâché prise.
Qu’une personne ait pu le lire jusqu’au bout sans avoir l’air de se forcer, ce n’est déjà pas si mal. Pourtant je me dis que par moments,tu t’es peut-être quand même forcé un peu.

Je comptais au départ en mettre un deuxième en ligne dans la foulée mais je crains que pour toi, cela fasse un peu trop, surtout qu’il est encore plus long, et comme tu fus le seul lecteur à être interessé, je vais m’abstenir de le faire, du moins pour le moment. Et puis les remarques que tu m’as faite sur celui-ci valent probablement pour le deuxième aussi.


jeanloup

Nombre de messages : 112
Age : 102
Localisation : choisy le roi
Date d'inscription : 23/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (27 et épilogue)

Message  Frédéric Prunier le Lun 12 Oct 2015 - 13:33

Salut Jean-Loup

En tout cas, ma lecture a toujours été agréable, et je te le dis sans mentir
Ce qui, d'après moi est, pour l'art de raconter une histoire, le principal, non ?...
...on visualise bien, et la scène, et la narration...

après, pour me résumer encore, je pense que l'architecture de l'ensemble peut s'améliorer, un peu comme si tu relisais le tout et que tu donnais un résumé à chaque chapitre... ma réflexion me fait penser à ma lecture actuelle... du zola... il peut te raconter une histoire qui apparait le film de la vie de tous les jours... mais si tu regardes bien, chaque chapître à un sens... dans la description des rapport humains, dans l'élaboration du tableau général qu'il veut te peindre, comme si chaque chapitre était un caractère de la Bruyère

amitié à toi
et si j'ai un peu décroché vers la fin, c'est surtout à cause de la vraie vie d'à côté, pas de ton texte

avatar
Frédéric Prunier

Nombre de messages : 3568
Age : 55
Localisation : MONTLUCON
Date d'inscription : 08/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur http://www.quai-favieres-antiquites.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (27 et épilogue)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum