Je ne sais pas pourquoi (25)

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Je ne sais pas pourquoi (25)

Message  jeanloup le Ven 4 Sep 2015 - 9:59

C'est bien ces tranchées. Elles ont étés creusées par les ouvriers pour je ne sais pas quoi. Ils ont défoncé toute une partie de la pelouse. Ca me fait un bon abri contre les balles ennemies.
Avec mon bâton en guise de revolver, je suis comme à la guerre.
Les ouvriers ne travaillent pas car il pleut depuis ce matin, et comme ils n'aiment pas la pluie, ils sont partis plus tôt. Ils ont tord car c'est encore mieux. On se croirait en plein 14-18, comme dans les films. Je viens de tuer pas mal de « Bochs », et pour reprendre mon souffle, je me suis assis au fond de mon trou afin d'éviter les balles en retour.
Je profite de ce moment où les autres sont au sport pour m'évader ainsi car pendant la classe le maître ne me laisse plus du tout sortir. Même lorsque je suis très en colère et que je veux quitter la salle, il n'hésite pas à faire opposition de son gros ventre et de ses larges mains pour me retenir prisonnier. Un jour, je l'écraserai sous son bureau.
Parfois, je préfère ne pas me rendre du tout à l’école mais les adultes m'y poussent, au besoin avec force. Il me donne encore de temps en temps des punitions mais je ne les fais plus. Par contre quand il y a sport, je suis tranquille et je peux faire ce que je veux dès la récré.
Je ne peux plus aller voir Serre-Boulon car il ne m'aime plus. J'ai tenté de retourner à l'atelier à plusieurs reprises pourtant. Une fois, un peu avant pâques, il ne m'avait pas renvoyé et j'ai cru qu'on était redevenu copains, mais c'était sans doute une des ces exceptions incompréhensibles qui paraît il confirment les règles ; car par la suite, c'est méchamment qu'il a exigé que je lui « foute la paix... » Sans raison. Alors évidemment, je m'ennuie ici. Même le mercredi. La semaine dernière, cela aurait du être mon tour d'aller à la patinoire, mais je n'ai rien demandé. Je savais que Conan ne m'y emmènerait pas. Je suis resté avec Glassouille qui a repris sa maquette. Je pensais qu'elle l'abandonnerait car ça n'avance pas bien. De toute façon, ce que nous faisons ne lui plaît jamais. Il y a toujours des trucs qu’il faut recommencer. Elle dit souvent que je fais n'importe quoi. Elle a raison. Ca ne m’intéresse pas. Et puis, comme si on avait besoin de reproduire fidèlement le Centre ? Des fois, c'est bien quand c’est pas pareil. j'ai passé tout l'après-midi avec elle. Ce fut très long car elle ne me laisse pas quitter la salle, ne serait ce que pour aller dans ma chambre. Elle dit que je serais capable de passer par la fenêtre, alors elle ne me décolle pas. Si elle pouvait, elle me fixerait à la glu sur sa maudite planche.
Demain heureusement, il n'y a ni patinoire ni maquette car nous allons tous à Fontainebleau. Enfin j'espère, car s'il fait ce temps là... Ils annuleront sans doute.
Autrement, il y a toujours le numéro d'acrobates que nous essayons de monter avec Fabien, Johnny et Warren. Nous nous entraînons pendant les temps libres. Le petit café au lait ne peut pas toujours être avec nous mais ce n'est pas grave. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de faire le spectacle. Je crois que non mais je ne leur dis pas car je ne veux pas qu'on arrête. Fabien tient beaucoup à ma présence et cela me plaît car il est peut-être le seul à aimer être avec moi.
J'aime surtout lorsque l'on joue à inventer de nouvelles figures, et puis j'arrive à faire des choses que je ne croyais pas possible il y a peu encore. Hier, j'ai enfin réussi à exécuter un saut périlleux arrière sans aucune aide. Il y avait longtemps que je l'avais dans ma tête mais sans jamais parvenir à le réaliser. Cette semaine sera courte car vendredi nous serons le premier mai ; alors nous rentrerons après demain à la maison. Comme j’ai déjà passé le dernier week-end chez moi, ça ne me fait que quatre jours ici. Jamais je ne suis resté si peu. Je suis content... Pourtant, même dans la cité, ce n'est plus comme avant, car je ne sais pas pourquoi, je n'ai plus de copain. Pour autant, je ne reste pas à la maison car ma mère m'ennuie et je ne tiens pas à voir mon père. Samedi, je suis allé jusqu'au bord de la seine, à pieds. C'est pourtant loin et il pleuvait. Je n'ai rencontré personne. J'ai joué tout seul avec l'eau. Il n'y avait même pas de rat, juste quelques saletés diverses ; et puis je suis rentré tout mouillé. Ma mère a encore crié toute seule, alors je suis ressorti, mais j'avais froid. J'ai bien peur que le week-end à venir, il en soit de même.

Cela fait un bon moment que je suis assis là, au fond de ma tranchée boueuse, à l'abri des regards. L'eau dégouline sur mon visage. Je ne sais pas s'il s'agit de la pluie ou si ce sont des larmes, mais il est temps que je me reprenne. Je me redresse sur mes deux jambes afin de scruter l'horizon. Les « Boschs » ne sont sûrement pas loin.
Tout à coup ! J'en vois un qui se dirige vers notre bâtiment. Je tire… Mais il ne tombe pas. J'ai du le toucher quand même car c'est en boitant qu'il atteint la porte. Il rentre. Ca y est ! Il a disparu de mon champ de vision.
C'était Jean-Philippe. Pourquoi n'est il pas en sport ? Nous n'avons pas le droit de nous rendre seul dans l'appartement. Peut-être l'a-t-on envoyé chercher quelque chose ? Je vais attendre qu'il ressorte pour le tirer comme un lapin.
J'attends... Mais il ne réapparaît pas. Curieux, je quitte ma tranchée protectrice afin d'aller voir ce qui se passe. J'avance prudemment à petits pas chassés en tenant toujours mon flingue à deux mains. Je franchis l'entrée... Le couloir m'accueille silencieux. Je surgis dans la chambre! Il n'y est pas. Mais ses vêtements sont là, eux, sur son lit.
En tendant l'oreille, je peux entendre la douche couler. Je m'y rends directement en abandonnant mon déplacement de combat. Il est là. Il danse sous les gouttes denses, le savon à la main au bout de son bras qui balance comme s’il suivait une mélodie qu’il est seul à entendre. Il semble en tout cas apprécier la chaleur bien visible de cette pluie d’intérieur.
- " Qu'est-ce que tu fais là ? " Je lui demande
- " Je prends ma douche. "
Il y a parfois des réponses aussi bêtes que mes questions.
- " T'es pas au sport ? "
- " Non. Je me suis foulé la cheville. Malabar m'a dit que je pouvais aller me doucher. ”
- " Comment t'as fais ? "
- " On faisait le soixante mètres et je me suis tordu la cheville. Après, il s'est mis à pleuvoir trop fort alors ils sont allés dans le gymnase, mais moi, je ne pouvais rien faire alors Malabar m'a dit d'aller prendre ma douche et de m'allonger sur mon lit en attendant Glassouille. »
Puis il me dit : " T'aurais du enlever tes chaussures. Tu mets de la boue partout. "
C'est vrai que je suis gadouilleux. Je les retire. Il me demande :
- « C'est dans le bois que tu t'es sali comme ça ? »
- " Non. C'est là. Je faisais à la guerre. "
Il trouve incroyable la manière dont je parviens à me dégueulasser et il me conseille de changer mes vêtements car Glassouille va encore piquer une crise si elle me voit ainsi.
Il ajoute : "  Tu devrais même prendre une douche. T'as de la boue partout sur la figure et dans les cheveux."
Il a sûrement raison. Je vais me laver. Je me déshabille très vite,  puis le rejoins sous l'eau. Il renverse du shampooing sur ma tête et me masse le cuir chevelu.
J'aime bien qu’il s'occupe de moi. Je ferme les yeux pour que la mousse ne me pique pas, mais il fait attention. Ce n'est pas comme Glassouille. Ses gestes sont pleins de douceur et c'est agréable.
Je le laisse me laver entièrement, puis m’essuyer rapidement. Ensuite, Il ramasse mes habits sales pour les amener dans la chambre et me demande de porter mes chaussures dans l'entrée.
J’obéis, puis quand je le rejoins, je le trouve fouillant mes affaires sur l’étagère, dans l’armoire. Il cherche à me dénicher quelque chose de propre. Je lui dis :
- " Ils vont le voir quand même. "
- " Non. On va amener les fringues cradotes direct à la lingerie. Si tu ne te salis pas encore, ça ira. Par contre, faudra nettoyer par terre. T'as mis de la boue partout."
Ca faisait longtemps que Jean-Philippe n'avait pas été comme ça avec moi. Non pas qu'il n'était pas gentil, mais assez indiffèrent. Nous ne nous parlions plus beaucoup, même le soir. Il faut dire que nous nous couchons rarement à la même heure… Mais quand même.
Je me suis assis sur son lit. Il rigole :
- " Et bien ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne veux pas que je t'habille aussi ?"
Il dit ça, mais lui non plus n'a pas commencé à se vêtir. En fait, je ne m'étais pas posé la question. Je ne sais pas ce que j'attends. Je suis bien comme ça. Je n'ai simplement pas envie de me presser.
Il s'assoit près de moi et me dit des bêtises. Nous rions tous les deux, et à force de rire, nous nous retrouvons allongés côte à côte sans que je ne puisse dire lequel a entraîné l'autre.
Aux rires et plaisanteries succède une conversation plus sage, plus sérieuse et plus imagée. Je ne sais pas pourquoi je lui parle de l'Australie. Peut-être n'ai-je jamais eu autant envie qu'il m'y emmène ? Je me sens prêt.
Sans le vouloir vraiment, je lui fais part de tout mon désarroi. J'aimerais savoir s'il m'aime bien parce que parfois, j'ai l'impression... Tout le monde s'en fiche un peu de moi, et que lui aussi...
Il me dit que je ne suis pas très évident pour lui, et qu'en plus, Conan me déteste sans qu'il ne puisse me dire pourquoi. Mais ça ne facilite pas les choses car ça ne plaît pas à l’adulte qu'on soit copain.
Je ne vois pas ce que ça peut bien faire mais je n'insiste pas. Ensuite, je lui raconte mon week-end, mes rêves, ce que j'imagine... Je crois bien n'avoir jamais autant parlé de moi.
Il me répond n'importe quoi. Il dit surtout des sottises mais ça ne m'ennuie pas car je suis bien.
Il ne dit pas un mot de l'île aux marsupiaux, peut-être un vent lui a porté de mauvaises nouvelles qu’il ne veut pas me dévoiler, mais il aborde avec entrain ses prochaines vacances, ce qui m'amène à lui rappeler nos souvenirs de neige et la chasse au Yéti. Je lui demande s'il avait peur. Il sourit et me dit d'un air un peu surpris :
- " Tu y crois vraiment au Yéti ? "
A cause de la manière dont il m'a posé la question, je suis pris d'un doute énorme. Un doute qui existait peut-être déjà au fond de moi mais qui surgit d'un coup à la surface de mon être. Et si ce n'était pas vrai ? Si ce n'était que des histoires ? Des boniments... Ceux qui se moquaient auraient donc eu raison ? Je sens monter en moi une honte rétroactive. Serais-je si petit qu'on puisse me faire croire n'importe quelle salade ?
Je réponds : " Mais non j’ y crois pas! " Et j'attends un peu pour voir ce qu'il va dire.
Il n’est pas du tout surpris, comme s'il savait par évidence que je faisais semblant d’y croire.
Pourtant s'il n'existe pas... D'où sortaient les traces que nous avons trouvées ?
Je n'ose pas poser la question par crainte de paraître ridicule et je dévie la discussion sur un autre sujet, au hasard, pour ne pas risquer de me trahir.
Puisque mes mots se tarissent, il reprend vite le relais et, très disert, il me raconte avec passion ce qu'il fera l’été prochain. Il s’en ira camper dans le sud de la France avec sa mère pour compagnie.
Il a une façon de narrer ce qui n'existe pas encore comme s'il l'avait déjà vécu.
Je ne dis quasiment plus rien, un mot par ci, un mot par là qui ne lui donne pas tord.
Ma joue est depuis longtemps posé sur sa poitrine chaude et je suis bien ainsi. Je suis bien… Mais je ne peux pas m'empêcher de penser... Tandis qu'il me parle, je donne l'autorisation à ma main, hésitante, de caresser son ventre. Cela ne le perturbe pas. Il continue son récit, toujours sur le même ton. Alors, sans avoir l'air d'y toucher, je tire doucement, un à un, les poils de son pubis. Il n'est pas trop touffu et cela me permet de les séparer facilement, mais ils sont bien plus longs une fois déroulés que je ne le pensais. Il est toujours avec sa mère dans son camping imaginaire quand il se coupe lui même la parole pour me dire : « Ne les arrache pas! Y en a déjà pas tellement. »
Il n'y a pas de risque pour ça. Je ne suis pas brutal ; mais je pense qu'il a tord de dire qu'il en a peu. Moi, je trouve que c'est déjà pas mal.
Alors qu'il reprend son histoire où il l'avait laissée. Mes doigts attrapent son pénis avec délicatesse. Je joue à le mettre à l'envers, à le mettre l'endroit, je le penche sur la gauche, le tourne sur la droite, un petit peu par en haut, un petit peu par en bas… Je le sens peu à peu durcir et prendre du volume tandis que son propriétaire s'arrête de parler.
Ce silence me met mal à l'aise, je ne sais pas pourquoi. Je voudrais qu'il continue comme si de rien n'était.
Il saisit ma main coupable et la retire en disant gentiment mais fermement :  
- «  Arrête! Ca me fait bander ! » Comme si c'était une chose qu'il craignait.
Pourquoi aurait-il peur de ça ? Est-ce que cela signifierait que dans cet état là, il ne pourrait pas s'empêcher de me faire du mal comme Mohad. Je ne le souhaite pas, mais j'ai un léger doute. J'aimerais bien savoir... Et pourtant, s'il agissait de même, j'en serais malheureux... Mais je l'aurais sûrement cherché. Toutefois, Jean-Philippe est moins grand, et puis... Il est gentil. Peut-être que simplement je me fais des idées, juste parce qu'il ne veut pas que... Mais ça n'a rien à voir.
Comme il n’a pas tenu ma main, je la repose sur son ventre. Je la descends rapidement directement sur sa verge encore raide. Je pense que c'est une erreur mais c'est plus fort que moi. J'ai besoin de savoir, et puis je ne sais pas pourquoi... J'ai envie…
Cette fois, il réagit plus mal. Il attrape et tord mes doigts, puis me repousse entièrement, énergique et violent, brisant du même coup le contact ensorcelant de nos deux corps serré.
Il ne sourit plus du tout. C'est bête. J'ai voulu voir comment il se comporterait ? J'ai vu… Et maintenant, j'ai honte. Tellement honte. Je me demande bien ce qu'il pense de moi ; pourtant, je n'arrive pas à comprendre ce qu'il y a de si terrible à faire ce que je fais, ni pourquoi cela provoque des réactions si fortes et si contradictoires.
Je suis resté sans bouger, allongé sur le dos et je n'essaye même pas de retenir mes larmes lorsque celles ci quittent mes yeux. Il en est attendrit. Il pense qu'il m'a fait du mal et cela le rend triste. Pourtant, ce n'est pas à cause de lui que je pleure.
C'est drôle, maintenant il se penche sur moi et me caresse la joue avec son doigt comme s'il voulait guider les gouttes et dessiner sur mon visage des petits traits salés. Ca me chatouille un peu mais je ne rigole pas. Il est sincèrement désolé de m'avoir fait pleurer mais il me dit quand même, son sourire revenu :
- " Il faut s'habiller maintenant! "
Je ne bouge pas. Lui non plus.
- " C'est pas grave. " Dit-il, comme s'il éprouvait le besoin de justifier quelque chose " Tu sais, t’es encore trop petit, alors c'est pas bien... Et puis, je t'aime beaucoup mais... Je t'aime pas. "
Et il me fait un bisou sur ma joue, avec douceur, comme les mamans dans les films.
C'est bizarre, je ne m'attendais pas du tout à ce qu’il me dise ça. Mais que me raconte t’il ? Qui donc parle d'amour ? C'est aux filles qu'on dit je t'aime, pas aux garçons. Moi c'était simplement parce que... J'avais envie, comme ça, c'est tout. Il me vient soudain à l'esprit une idée étonnante, comme inimaginable, alors je lui demande :
- " Tu aimes Conan ? "
Il reste silencieux durant quelques secondes comme s'il n'était pas sûr ; puis il me répond :  " Oui. "
Je me demande comment quelqu'un d'aussi gentil que Jean-Philippe peut aimer un tel homme.
Il a maintenant son visage juste au dessus du mien et me regarde avec un tout petit sourire légèrement gêné. Je ne l'avais jamais ainsi dévisagé d’une manière si intense, d'aussi près. Ses yeux bleus clairs paraissent immenses et je vois ma figure dedans. Son front, son nez, sa bouche... Chaque parcelle de sa peau est comme une découverte féerique, magnifique. Même ses cacas de mouches... Pardon ! Ses taches de bonheurs me semblent indispensables à l'harmonie parfaite de ce doux visage. Il est beau. J'aime qu'il me regarde ainsi. J'aime sentir son regard pénétrer en mon âme.
- " Je t'aime. "
Je ne sais pas pourquoi j'ai dis ça. Je ne sais même pas ce que ça veut dire exactement. Est-ce que je l'aime vraiment ? Je n'en sais rien. Sans doute pas mais… J'ai trouvé merveilleux le moment où je l'ai dis. Je crois que même si ce n'est pas vrai, je n'ai jamais été aussi sincère.
Le mot magique a en tout cas certainement eu un impact important sur lui car sa bouche approche la mienne et ses lèvres effleurent mes lèvres. Je ressens un grand trouble et je ferme les yeux. Mais si ses lèvres s'entrouvrent, ce n'est que pour me dire : " Il faut se rhabiller maintenant! "
Mes paupières se soulèvent mais je ne bouge toujours pas. Lui non plus. Seulement, à mon insu, mes pupilles doivent exiger qu’il me donne ce baiser car il me dit :  " Bon... O.K., je t'embrasse, et après tu t'habilles ! D'accord ? "
Je n’avais rien demandé mais ça ne fait rien, et puis... Ca sonne comme un ultimatum ! Alors... Je dis oui d'un mouvement de la tête, très léger, mais qu'il ne peut que distinguer tant son regard sur moi semble pouvoir y déceler les suggestions les plus infimes.
Ses lèvres viennent doucement s'accoupler à mes lèvres ; le bout de sa langue, un instant, vient caresser la mienne et c’est le grand frisson. Mais lorsqu'il redresse la tête, son visage change d’expression. Il vient de voir, dans l'encadrement de la porte que nous avions laissé ouverte, le visage sévère de Conan.
En nous voyant tous deux, nus sur le lit, nous embrassant, Qu’est-ce qu’il a pu penser ?
Il s'avance sans dire un mot. Jean-Philippe se lève promptement et cherche son slip un peu partout. Il se trouve pourtant là, bien en vue, sur le lit… Mais j'ai l'impression qu'il a peur. Je ne l'ai jamais vu trembler ainsi. C'est sans doute la surprise. Il faut bien avouer que cette entrée inattendue a jeté un froid glacial.
Je m'habille en une seconde. L'adulte ne me regarde pas. Ses yeux fixent mon amoureux qui enfin a trouvé son slip mais ne l'enfile pas. Il le garde à la main.
Il paraît moins peureux maintenant. Son tremblement a cessé et son sourire revient doucement.
Il soutient avec force le regard de l’adulte et s'en approche délicatement.
Soudain ! Le bras de l'homme s'élève, puis sa main vient frapper avec une violence inouïe la joue du jeune adolescent.
Jean-Philippe, qui n'est pourtant pas faible, n'a pu rester debout. Ses genoux ont fléchis et il s'est écroulé. J'ai eu très peur pour moi, bien que l'athlète, champion es gifle, n'ait pas une seule seconde porté son attention sur ma petite personne.
Je crois que ma présence ici est inutile. Je m'enfuis à toutes jambes. Je me demande vraiment comment Jean-Philippe peut aimer cet homme là.



Me revoilà dehors, un peu tremblant malgré ma volonté de ne plus y penser. Il ne me reste plus qu'à attendre que les enfants reviennent. Ils ne tardent d'ailleurs pas.
Lorsque Glassouille se présente à son tour, nous rentrons tous ensemble. Elle ne m'a pas fait de réflexion de prime abord car je suis propre, mais à peine sommes nous dans l'appartement qu'elle découvre avec horreur les traces de boue dans le couloir. Elle voit bien que celles ci se dirigent vers ma chambre avant de repartir en direction des douches, et il ne lui en faut pas plus pour me soupçonner. Sans attendre, elle va tout de suite ouvrir ma porte, persuadée de trouver le prolongement de mes saletés à l’intérieur. Elle doit être bien surprise car je n'y suis pas entré avec mes chaussures ; par contre, elle aperçoit immédiatement mon linge sale par terre, ainsi que Jean-Philippe qui finit de s'habiller.
Elle lui demande ce qu'il fait là. Il explique que l’adulte qui s’occupe du sport l'a autorisé à venir prendre sa douche en raison de sa cheville foulée.
Dans un premier temps, je crois qu'elle a pensé que le linge sale était le sien et elle a failli le gronder ; mais très vite, elle a reconnu mes vêtements, alors elle  questionne :  
- " Ce n'est pas à toi ça ? " Lui dit-elle en montrant du doigt le paquet de linge.
Puis elle attend la réponse de mon copain qui, embarrassé, ne dit rien. Alors elle me demande :
- " David ! Qu'est-ce que tes habits font ici ? "
Ce disant, elle se saisit de mon pantalon et constate qu'il est maculé de boue. Ce qui est sûr, c'est que si elle avait un doute sur l’identité de celui qui à souillé le sol, celui ci a totalement disparu.
Après avoir fait le tour de l'appartement, elle m'invite vivement à porter mes affaires à la lingerie immédiatement, et à laver les douches et le couloir dès que nous aurons goûté.



Conan, qui durant tout ce temps, était resté cloîtré dans la chambre de l’adulte, nous a rejoint pendant l'en cas de seize heure trente, juste pour dire à Glassouille qu'il ne pouvait pas rester jusqu'au repas comme prévu, mais qu'il serait là demain pour la sortie en forêt de Fontainebleau. Et puis il est parti. Maintenant, tout le monde joue dans la grande salle, tandis que moi, avec ma serpillière, je n'ai le droit de jouer qu'à Cendrillon.

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Re: Je ne sais pas pourquoi (25)

Message  Frédéric Prunier le Ven 9 Oct 2015 - 15:42

très bon chapitre !
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