Je ne sais pas pourquoi (19)

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Je ne sais pas pourquoi (19)

Message  jeanloup le Ven 17 Juil 2015 - 9:04

Il fait encore nuit mais nous sommes tous dehors en train de ranger nos affaires dans le minibus. Nous y installons aussi toutes les victuailles dont nous aurons besoin lorsque nous nous arrêterons pour pique-niquer sur l'autoroute.
Ca me fait drôlement bizarre de devoir quitter cet endroit. Je n'ai pas du tout envie de retourner au Centre. Je commençais vraiment à me sentir bien ici, même si hier Karen m'a dit qu'elle avait un fiancé dans sa colo et un autre dans son école, ce qui me mettait un peu sur la touche ; mais ça n'a pas d'importance. Si nous étions restés, j'aurais pu en aimer une autre car avec les colos, nous commencions à nous connaître.
Hier, après que nous soyons rentrés de notre bonne journée de ski. Les bretons sont venus nous voir pour nous dire qu'ils nous avaient préparé un spectacle. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça mais c'était plutôt bien. C'était une comédie musicale. Ils jouaient une pièce et chantaient tous en chœur. Ensuite, tout le monde a dansé et nous nous sommes couchés très tard.
Je n'ai pas vu si l'on a apporté à manger au Yéti. Dans cette ambiance de fête, je n'y ai pas même pensé.
Ce matin, je suis un peu vaseux. C'était difficile de me lever mais je ne sais pas si c'est parce que la nuit fut courte ou si c'est à cause de l'ennui profond que j'ai de m’en aller.

Nous sommes prêts au départ lorsque le car arrive accueilli par nos cris. Nous n’avons pas pu dire au revoir aux colos car ils n’étaient pas levés lorsque nous sommes sortis. Je suis pourtant sûr qu’à présent,  ils doivent être réveillés.
Je monte dans le long véhicule où sont déjà installés nos camarades qui reviennent des deux autres stations. Ce sont les grandes retrouvailles. Ils ont forcément du se lever encore plus tôt que nous.
Salut Julien ! Salut Fabien ! Salut Bob ! Salut Gaël ... J'avais presque oublié leur existence.
Je les trouve changés ; pourtant, ça ne fait pas longtemps que nous nous sommes quittés.
Ils ont bonne mine. Ils sont radieux. Je dois l'être aussi en ce moment malgré toute la tristesse éprouvée quelques instants plus tôt, mais qui a subitement disparue. Je crois que je suis heureux de les revoir.
Je me cherche une place près de la vitre mais celles ci sont déjà toutes prises. Je vais devoir me mettre du coté « allée ».
Je m’assieds près d'Antoine, un grand de seize ans qui a plein boutons sur la figure, qui ne parle pas beaucoup et qui est souvent seul.
A peine installé, Je lui demande s'il veut bien me laisser près de la fenêtre pour que je puisse regarder le paysage. Je pensais qu'il accepterait car il est plutôt gentil et pas du tout embêtant. Hélas, il me dit non. Il dit que de ce côté, il peut appuyer sa tête et ainsi dormir.
Cet argument m’étonne : " Pourquoi tu veux dormir ? Il va être jour dans pas longtemps "
- " Si je ne dors pas en car , je suis malade "
Et bien, j'ai peut-être fait un mauvais choix. J'espère qu'il ne va pas vomir sur moi.

Pendant les premiers kilomètres, l'ambiance est délirante dans le car. On chante. On rit. On crie. On bouge. Sauf mon voisin qui dort. Les adultes font la police car ils veulent absolument que nous restions assis à nos places. Ensuite, est-ce le ronronnement du car ou les conséquences d'une nuit trop courte ? Mais alors que le jour s’est réveillé, s’est levé, s’est habillé de son soleil, de ses nuages, de ses magnifiques paysages ; les uns après les autres, les enfants s'endorment. Il y en a encore quelques uns qui se font bruyamment entendre. Guillaume et Jimmy qui se battent ; Aldo qui pousse des cris stridents ; des petits qui s'envoient des coups de pieds à tour de rôle ; mais cette agitation n’est plus que sporadique. Moi aussi j'ai sommeil mais je ne trouve pas ma position.
Je pose mon manteau en guise d'oreiller sur le bras de mon voisin endormi afin d'y appuyer ma tête. Toutes les deux minutes, je dois le repositionner car il glisse sans cesse. Cela finit par réveiller le «support-man » de fortune qui, agacé, me demande : " Mais qu'est-ce que tu fais ?
- " Je suis pas bien . J'arrive pas à me mettre. Laisse moi ta place ! "
- " Toi tu es petit ... T'as qu'à te coucher. Tu peux te mettre sur moi si tu veux. "
Il m'invite à poser ma tête sur sa cuisse, près de la parois. En repliant mes jambes, mes pieds ne dépassent pas de la banquette. Je pourrais ainsi dormir dans la position agréable du fœtus.
Sa main se pose sur mon épaule pour me caler, puis il me recouvre délicatement de mon
manteau. Une douce chaleur m'envahit. Je me sens bien comme dans un lit. Je peux commencer à lancer mes rêves dans lesquels Karen risque de prendre une place bien plus grande que ce que la réalité lui avait laissé. Je crois que je ne vais pas tarder à m'endormir .








- "  Cali ! Quelle Heure il est ? "  Demande Antoine
L'homme au crâne dégarni qui se tient debout dans l'allée lui répond aussitôt :
- " Il est quatre heure dix."
- « A quelle heure nos parents viennent nous chercher ? »
- " On leur a dit entre dix sept et dix neuf heure. Peut-être y en a-t-il qui sont déjà là ?"
Je passe mon corps sur mon voisin pour coller mon nez au carreau et regarder un paysage que je reconnais bien. Qu'elle est triste la campagne parisienne en hiver. Pourtant il ne pleut pas aujourd'hui, mais tout paraît si gris. Les champs sont tellement plats, tellement sans vie.
Le car, toujours suivi de Nébus, pénètre lentement à l'intérieur du Centre. Ca y est ! Nous sommes arrivés. Tous les enfants crient de joie comme s'ils étaient heureux de revenir ici.
Je suis quand même content que le voyage soit enfin terminé car il devenait réellement long, bien plus long qu'à l'aller. Je n'ai pu dormir que jusqu’au moment où nous nous sommes arrêtés sur l'autoroute pour pique-niquer et pour jouer. Ensuite, je n'avais plus du tout sommeil. Mon voisin, lui, a dormi tout le long. Il vient de se réveiller il y a cinq minutes à peine, juste pour demander l'heure, comme s'il avait été programmé.
Il n'y a pas l'ombre d'un parent à la descente du car. Ils ne sont pas venus en avance.
Nous déchargeons sacs et valises que nous amenons de suite en ordre dispersés à la lingerie.
Les adultes s'occupent surtout de leur propres affaires ou bien de celles du groupe, mais peu de nous.
Il reste quelques gâteaux secs qui sont distribués à ceux qui veulent bien en prendre.
Mohad a sorti du minibus trois gros sac, mais contrairement à nous, il n’a rien amené à la lingerie, ils les a juste posé par terre et semble attendre quelque chose. En me voyant les mains libres, il me dit :
- " Tu peux m'aider à prendre ça ? "
- " Pour mettre où  ? "
- " Ca ! Dans l'entrée. Je le laisse devant le bureau de Malin. Et ça , dans ma chambre "
- " T'emmènes pas à laver ? "
- " Non. Plus tard. Il faut d'abord que je fasse le tri . "
Je me saisis à deux mains du sac qui doit être monté dans sa chambre et l'accompagne jusque dans son bâtiment.
Tandis qu’il dépose son chargement dans l'entrée, je monte lourdement les marches qui mènent à sa piaule.
Il me rejoint en haut de l'escalier. Je suis content, je vais enfin pouvoir découvrir l’endroit secret où il vit.
Je dis, en posant la main sur la poignée : « C'est celle là »
- " Oui "
Elle ne s'ouvre pas. Elle est fermée à clef. Quelle chance ! Il a une chambre qui ferme à clef. J'aimerais bien être à sa place.
Il a sorti son sésame, et alors qu'il le tourne dans la serrure, je fais l'inventaire des portes.
- " C'est quoi là ? "
- " Là ! C’est les Toilettes. Là ! La douche. Là ! Placard... Et là ! C'est l'appartement de Précieux. "
- " T'es déjà rentré ? "
- " Bien sûr " Dit-il en riant
Nous pénétrons ensemble dans sa tanière. Elle n'est pas très grande mais elle me plaît bien. Une moquette au sol accueille un lit, une armoire, un bureau et un léger désordre. Mais ce qui me frappe en premier lieu car on ne voit que ça au dessus de son lit, c'est un très grand poster sur lequel une femme hyper sexy vêtue de lingeries fines et porte-jarretelles nous regarde de façon très provocante.
Je peux constater très vite qu'il y a d'autres posters de femmes en maillots de bain éparpillés sur les murs. Ce n’est pas comme sur les murs de nos chambres où l’on trouve essentiellement des photos de célébrités, Acteurs, chanteurs, sportifs.... Ou des voitures comme pour Eric. Ou même encore des animaux. Mais des femmes ainsi exposées… Ça m'étonne qu’on le laisse faire. Je pense que Mohad doit être quelqu'un de très entreprenant avec les filles. Comme en plus, il est beau, il ne doit pas s'ennuyer.
En déposant le sac au sol, j’aperçois dans un coin, une sorte de boite qui pourrait être une poubelle mais dans laquelle on voit en vrac plein de soldats en plastique et des petites voiture. Je n’ai encore jamais vu Mohad jouer avec ce genre de chose.
Je lui dis en lui montrant l’indien que je m’empresse de sortir : « tu les jettes ? »
Il me répond : « Non. Remet le ! je t’en donnerai après si tu veux. » Puis il ajoute : « Elle te plait ? » En me montrant le poster central
- " T'as le droit ? "
Il rigole et me dit : " Pas de problème. Précieux le sait. Et encore t'as pas tout vu ! "
Je suis curieux de savoir ce que je n'ai pas vu mais je n'ai pas besoin de le lui dire. Il ouvre son armoire et me montre fièrement l'intérieur de la porte sur laquelle se trouvent collées des photos de femmes nues. Les images sont plus petites, mais sur celles là, elles sont totalement nues. On peut absolument tout voir. J’aimerais bien montrer ça à mes copains alors je lui demande :  " Tu m'en donnes ? "
- " Non. J'ai pas le droit . Si tu te fais prendre , ça va me retomber dessus . "
Puis il prend un air grave : " Tu veux voir plus ? "
Plus ? Je me demande ce que cela peut vouloir dire. On voit déjà tout là. Mais cette proposition mystérieuse attise ma curiosité. Je réponds : " Oui "
Cette fois, il se rend à son bureau. Il ouvre un tiroir et en sort un gros cahier sur lequel est marqué BenTahar Mohad.
Il rigole devant mon air impatient " Non ! Ca , c'est mon cahier de techno "
En voyant ce nom qui me rappelle qu'il est arabe. Je ne peux m'empêcher de lui demander :
- “ Pourquoi t'as pas une tête d'Arabe ? Youssef lui, on voit tout de suite. Mais pas toi. On dirait que t'es Français. "
Il me dit que de toute façon, il n'est pas Arabe mais Kabyle ; ce qui ne l'empêche pas d'être Algérien. Au contraire, d'après lui, les Kabyles étaient en Algérie avant même les Arabes bien qu’ils soient aujourd'hui minoritaires.
- " C'était des Français ? "
- " Non. C’était pas des Français... "
Tout en parlant, il a sorti encore quelques affaires scolaires pour découvrir, sous le tout, une revue recouverte d'un protège cahier. Il se tait subitement et la saisit d’une main joyeuse.
S’il a mis fin brutalement à notre discussion ethnique, c’est que ce qu'il va me montrer est bien plus important. Avant de l'ouvrir, il me dit :
- " Normalement, tu es trop jeune et je ne dois pas te montrer ça . "
Joignant mes mains en prière, je demande implorant : " Fais moi voir s’il te plaît "
Il prend un air sérieux : " Il faut que tu me jure d'en parler à personne "
- " Je jure "
- " Sur la tête de ta mère ?"
- " Oui "
Je le dis en riant car la tête de ma mère ne vaut pas un secret. Mais quand je jure, je n'ai pas besoin de tête pour tenir ma langue.
Alors, il va fermer la porte à clef puis revient s'asseoir près de moi, sur son lit. Solennellement, il pose l'ouvrage sur ses genoux, et l'ouvre enfin.
Je ris en voyant des images telles que je n'en avais encore jamais vus. Il y a des photos sur lesquels se trouvent un homme et deux femmes qui non seulement sont nus, mais en plus, sont en train de faire l'amour. Je n'en reviens pas de la taille du pénis de l'homme. Je me dis que ce n'est pas possible et, curieux, je questionne mon grand copain : " T'es comme ça toi ? " En montrant du doigt l'organe géant.
- " Non. Mais presque "
Comme il peut difficilement contenir son rire, je sais qu'il ne dit pas la vérité.
- " Pourquoi il a deux femmes pour lui tout seul ? "
Mes questions l'amusent. Lui semble trouver que plusieurs femmes pour un même homme, c'est très bien. Je suis quand même surpris de voir leurs attitudes :
- " Qu'est-ce qu’ils font là ? Ils ne font pas l'amour, ils s’amusent. "
Je sais bien que pour faire l'amour, l'homme s'allonge sur la femme. Sur les photos, c’est quand même un peu étrange toutes ces acrobaties. Sûr que cela permet de tout voir sous tous les angles, et comme il y même des gros plans, on peut voir dans le détail le sexe de l’homme et ceux des deux femmes. Je ne suis pas certain que ce soit la vérité. Pourtant Mohad me confirme que tout ce que je vois se fait de manière courante, et que le jour où je serais avec une fille... Si tout ce que je sais faire, c'est m'allonger sur elle en pauvre missionnaire, j'aurais l'air d'un vrai con.
Je lui demande : " Tu fais tout ça toi avec ta fiancée ? "
- " Quelle fiancée ? "
- « Celle qu’était avec toi dans le bois... C'est pas ta fiancée ? »
- " Ah Christelle. Tu t'en souviens.  Ca fait longtemps que je l’ai jetée. Elle n'a jamais été ma fiancée. Je me la suis faite comme ça "
- " T'as pas fait l'amour avec elle alors? "
- " Bien sûr que si. Avec les filles... Faut commencer par là. En premier, tu la baises, comme ça après, tu te fais plus chier. Quand t'en a marre, tu peux la larguer, t'es pas frustré. "
- " Et pourquoi t’en avais marre d'elle ? "
-"  Elle était con , et puis elle faisait pas bien l'amour " Précise t-il en souriant.
- “ Elle faisait pas tout ça ? ”
- “Oh Non ! ” Et il éclate de rire
- " Moi je sais pas si je saurais faire ? " Je dis songeur en tournant une à une les pages .
- " T’as une copine, toi ? "
- " Non. Y avait Karen à Crest-Volant mais elle avait déjà des fiancés. Et puis, je sais pas si elle aurait voulu... Mais quand j'étais tout nu, elle m'a pris dans ces bras. Oui, je crois que si on avait été que tout les deux, elle aurait voulu... Mais moi, j'aurais peut-être pas su."
Je finis en riant : « Elle m'aurait trouvé con et elle m'aurait jeté. »
- " Tu sais, c'est pas très compliqué. Tu veux t'entraîner. Comme ça, le jour où t'as l'occasion, tu sauras le faire et tu l'épateras. "
Je n'hésite pas une seconde. Je ne demande pas mieux moi que d'apprendre à « faire l'amour » .
- " Qu'est-ce qu’il faut faire ? "
- " Et bien regarde ! Tu vois les photos ? On vas faire pareil. Je prends la place de l'homme et toi de la femme.
- " Pourquoi moi je suis la femme ? "
- " Parce qu’il faut que je te montre. Quand tu sauras, tu pourras faire l'homme."
- " Mais sur presque toutes les photos, elles sont deux ou trois. Je fais laquelle ? "
-  " On choisira. D'accord ?
- " D'accord . "
- " Tu te déshabilles ! "
- " Et Toi ? "
- " Oui moi aussi " Me dit il avec un immense sourire et en ôtant son pull .
En moins de deux secondes, je largue toutes mes fringues pour me trouver entièrement nu.
Je me rends compte alors que lui n’a même pas retiré son jean. Je ressens un instant de gêne. Ne serait-il pas en train de me faire marcher ? Si ça se trouve, il m'a fait croire à tout ça pour que je me mette à poil et il va me piéger. Je commence à penser que je vais me retrouver tout nu dans l'escalier. Pourtant, je réalise vite que mon inquiétude n'est pas fondée. Il a un très beau sourire. Ce n'est pas le sourire de celui qui vous joue un tour. Il est simplement moins rapide que moi car à présent, il retire son pantalon, qu'il laisse à terre. Je ne le quitte pas des yeux, J'attends impatiemment que le slip descende à son tour. Et lorsque cela se produit, je suis impressionné devant ce que je vois. Bien sûr, il n'a pas les proportions de l'homme sur la photo qui, je le savais, sont impossibles dans la réalité. Mais quand il disait presque, il ne mentait pas tant que ça. Celui là est un vrai et il me paraît énorme. Moi qui étais envieux devant Johnny ou Youssef qui, je pensais, avaient des sexes d'adultes, je m'aperçois qu'ils ont encore du chemin à faire. En le voyant grand, droit, fier… Et en jetant un bref coup d'œil comparatif, je ne peux que trouver le mien, minuscule ment ridicule. J'ai peur qu'en faisant ce même constat, mon « maître » ne me dise de me rhabiller et de revenir en cours lorsque j'aurais de quoi travailler. Histoire de ne pas m'attarder sur cette différence d'anatomie, je demande rapidement :
- " Qu'est-ce qu'on fait ? "
- « Comme sur les photos ! Par laquelle tu veux commencer ? » Dit-il en tournant les pages.
Je réponds par une question en posant mon doigt au hasard : " Celle là ? "
Il regarde l’image en souriant , puis me regarde:
- “ Bon ! Tu fais celle qu’est allongée ! C'est moins compliqué "
Je regarde bien la position car ce n'est quand même pas si simple. Elle est à peu près allongée sur le dos avec les genoux pliés et les jambes un peu écartées, tandis que l'homme est à moitié sur elle avec ses doigts dans le vagin en même temps qu'il semble dévorer celui de l'autre femme qui se tient à genoux. Comme pour nous, il n'y a pas de deuxième femme, ce qui aurait rendu la scène cocasse, j’aurais bien aimé en effet voir comment Mohad s'y serait pris pour mettre sa bouche à cet endroit, mais vu que ce n'est pas le cas, mon partenaire ne s'embarrasse pas de la même position. Il se pose sur moi, mais au lieu d'aller mettre ses doigts dans le vagin que je n'ai pas, il les pose sur mon pénis. Ca me fait rire, car si la photo ne bouge pas, Mohad prétend que l'amour ne peut être statique. Ses doigts sont mobiles eux, et ça me chatouille drôlement, d’autant que mon zizi durcit. Je ris franchement
- " Pas trop fort !" Me dit-il « On va t’entendre »
Après quelques secondes de ce mouvement, nous nous replongeons dans la revue afin d’y dénicher un deuxième modèle. Je suis très enthousiaste car j’aime beaucoup ce qu’on fait. Cette fois, la femme a les jambes autour de la taille de l'homme qui entre son pénis dans le vagin. Nous en faisons autant, ou plutôt, le pénis de Mohad vient se coller contre le mien, tandis qu'il ramène mon corps sur sa poitrine musclée. Je ris toujours un peu trop fort, mais j'essaye de me contenir, de peur que mon partenaire ne décide de stopper ce jeu terriblement excitant.
Après quelques reproductions du même genre, il choisit une photographie sur laquelle une des femmes enfonce le pénis de l'homme dans sa bouche. Comme les autres fois, je prends à peu près la même position que mon modèle. A l'aide de mes deux mains, je me saisis du phallus au bout duquel une goutte semble se dessiner, et l'approche de mon visage, mais évidemment, je ne le mets pas en bouche. Il me dit très souriant, comme amusé : " Allez vas-y ! Sur la photo, elle le suce! "
- " Non ! C'est dégueulasse ! " Je réponds, moitié rigolard moitié ennuyé.
Le tenir dans mes mains ne me dérange absolument pas, mais le mettre dans la bouche, je n'y tiens pas du tout ; surtout qu'il n'a pas de peau sur tout le bout, ce qui rend la chose encore plus dégoûtante. Ignorant mes réticences, c’est avec ses deux mains, qu’il saisit ma tête et tente de forcer, de son sexe extra dur, le passage buccal rigoureusement fermé. S'il parvient à se faufiler entre mes lèvres, il doit quand même se heurter à deux rangées de dents hermétiquement serrées.
Je parviens à me dégager, puis je dis : " C'est bon ! On arrête !  "
- " Attend ! On en fait une dernière . "
- " Non... Je veux pas ! " Je dis un peu agacé .
- " D'accord, je ne te ferais plus celle là "
- " Y’en a plus de bien ! "
C'est vrai que les photos qui restent ne sont pas très engageantes. Et puis, à la vérité, je n'ai plus vraiment envie de jouer à ce jeu. C'était bien au début mais maintenant, je pense surtout à rentrer chez moi. Alors je lui dis :
- " On fera une autre fois. Mes parents sont peut-être arrivés. Faut que j'aille voir . "
- " Mais non. Il est pas encore l'heure. Juste une dernière... Cinq minutes. Et puis t'as raison ! C'est pas réellement comme ça qu'on fait l’amour. Là, c’est pour les photos. C'est du porno dégueulasse. Je te montre juste comment on fait vraiment."
Il paraît vraiment ennuyé que je m'en aille ainsi. Je crois qu'il pense que je lui en veux, ce qui était un peu vrai sur le moment, mais plus maintenant. Seulement à présent, je voudrais bien m’en aller, c'est tout. Il est pourtant réellement contrarié de n'avoir pas pu m'apprendre la vérité. Et moi aussi d'ailleurs. Je pense qu'il aurait pu commencer par là. Pourtant je m'inquiète : " Juste cinq minutes hein ? "
- " Oui. C 'est tout "
- " Et rien de dégoûtant ? "
- " D'accord . "
Je me dis que dans les conditions qu'il me promet, ça ne me coûte rien.
Il me dit : " Tiens ! Allonge toi sur le lit ! "
Je prends position, allongé sur le dos et le regarde pour attendre ses instructions .
- " Non , retourne-toi ! Mets toi de l'autre côté ! "
Je fais rouler mon corps sur un demi-tour, mais ça m'embête un peu car j'ai peur de ne pas bien voir ce qu'il va faire. Sentant en moi une légère inquiétude, il rigole :
- " Ne t'affole pas ! Je ne vais pas te faire mal. "
Il s'allonge de tout son ventre sur mon dos, et me demande : " Ca va ? "
De mon sourire revenu, Je lui réponds " Oui " bien qu'il ne soit pas léger ; mais il ne m'appuie pas trop fort. Et puis, il me tient chaud et ce n'est pas désagréable.
Il me fait des bisous dans le cou et me caresse le dos. Ca me chatouille un peu mais j'aime bien ça, alors… Je ferme les yeux pour essayer de savourer ces délices. A ce moment pourtant, je sens qu'il cherche à enfoncer son pénis entre mes fesses comme sur certaines photos, l'homme le faisait dans le vagin de la femme. Ce n'est pas un vagin que j'ai et j’ai peur qu'il me fasse mal. Alors je lui dis non. Comme il insiste, j'essaye de me dégager afin de me relever. Hélas, C'est impossible !  Son corps est devenu très très lourd et il me cale bien. Je lui demande à nouveau d'arrêter : Je dis :" Ca fait mal ! ” avant même d'avoir mal, mais je sens bien que s'il parvient à faire ce qu'il veut, ça ne pourra être que douloureux. Comme il ne m'écoute pas, je serre au maximum mes jambes pour contrarier ses desseins. Je n'aime pas qu'il me serre fort ainsi. Je n'arrive quasiment plus à bouger tant il est lourd maintenant ; et comme ma voix se fait de plus en plus forte afin de palier à la défection de mes muscles impuissants, sa main, pour l'étouffer vient se coller en bâillon sur ma bouche ouverte. Je manque d'air à présent, ce qui diminue encore mes forces en même temps que cela augmente ma panique.
Devant ma résistance, il n'est toujours pas parvenu à franchir le passage interdit, alors il appuie fortement l'os de son genoux sur ma cuisse. Ca fait trés mal ! La douleur est vite insupportable et je suis bien obligé de remonter ma jambes pour la diminuer. Je sens bien qu'il en profite pour essayer d'entrer. Mais il est trop gros. Il ne pourra pas le faire. Il se dégage une main pour cracher dedans, puis s'en va mettre son crachat dans mon trou. C'est une sensation de froid et de mouillé écœurante, mais pour faire ce geste, il s'est un peu déplacé. Je parviens à tourner la tête et ma bouche se dégage suffisamment pour crier. Très vite sa main reprend le pouvoir, violemment, en m'écrasant la moitié de la figure. Il m'étouffe plus que précédemment encore et j'ai l'impression que je vais mourir. Maintenant, il ne prend plus aucun gant. C'est en force qu'il me pénètre. Je crie de tout mon corps, mais ce ne sont que des gémissements étouffés qui se font entendre à l'extérieur. Des flots de larmes jaillissent de mes yeux comme s'ils voulaient les emporter. Petit à petit, je me défends de moins en moins, puis ne résiste plus du tout. A cause de mes forces qui ne peuvent rien, mais surtout à cause de l'air que je n'arrive plus à prendre. Mon esprit s'embrume et la pression donne à mon cerveau la sensation que d'une seconde à l'autre, il va imploser. Mon oppresseur l’a peut-être ressenti car sa main quitte ma bouche et se positionne à peine plus bas, sur mon cou. Peut-être qu'à la fin... Il va m'étrangler ! Je le sens bien maintenant aller et venir à l'intérieur de moi. Je m'entends parler d'une voix très faible, pour ne pas faire de bruit, pour ne pas qu'il se fâche. Je m'entends l'implorer d'arrêter.
- " Ce n'est rien " Me dit-il, haletant légèrement mais très calme " Si tu ne bouges pas, ça fait pas mal"
J'essaye bien de ne pas bouger, de ne pas crier, et de faciliter au maximum sa tâche ; mais à chaque fois qu'il va un peu plus loin, un peu plus fort, ça me brûle l'intérieur. J'ai l'impression qu'il me déchire les organes, les viscères, et malgré moi, un cri dont le contrôle m'a échappé un instant sort parfois de ma bouche. Cela provoque toujours le même réflexe. Sa main revient proche de la position de bâillon afin d'ôter à mon cri la moindre envie de se prolonger. La douleur est bizarre maintenant. Elle s'atténue parfois ou devient presque insupportable ; mais elle est moins nette, moins précise, plus diffuse. J'ai mal au ventre et j'ai très peur. J'imagine déjà les dégâts en dedans de mon corps. J'ai envie de vomir car tout me bouge à l'intérieur. Ses va et viens s'accélèrent. Sa bouche suce mon cou et mord mon dos, tandis que sa main, me massant fortement la poitrine et le ventre, descend, pour tenter de l'exciter, à la recherche de mon pénis qui, pour une fois, n'en a aucune envie et se fait encore plus petit qu'il ne l'est d'habitude pour tenter d'échapper aux doigts grossiers qui le malmènent. J'essaye de penser à autre chose et laisse mon corps inerte se débrouiller pendant que mon esprit s'en va seul vagabonder dans le vide. Dans le rien. Je pense que s'il s'en va complètement et qu'il ne revient plus, alors je serais mort. Mais je m'en fiche maintenant. D'ailleurs, j'ai moins mal. Je ne sais plus ce qui ce passe en moi. Peut-être suis-je déjà à moitié parti.
Soudain ! C'est lui qui râle très fort. Il me serre tant qu'il est en train de me broyer. Il s'enfonce en moi de tout son corps. Je serre les dents très fort pour ne pas crier tant il me fait mal à nouveau  ; mais je ne sais pas pourquoi, je sais que c'est fini. Pourtant, il ne se retire pas. Il reste encore en moi, et donne même quelques signes de vouloir recommencer. Me serais-je trompé ? Cela ne s'arrêtera-t-il donc jamais ?
Enfin ça y est ! Rapidement, il sort d'en moi, et je crois qu'il emmène avec lui une partie de mes organes. Très vite, il se relève et me dit : - " Rhabille-toi ! Tes parents sont peut-être déjà là! "
Je reste allongé sur le lit, mon visage posé sur le drap détrempé de mes larmes qui n'ont jamais cessées leur chute durant tout ce temps .
- " Arrête de pleurer ! " Me dit-il d'un ton qu'il veut gentil « C'est rien. Je me suis même pas mis en entier, à peine la moitié » Continue-t-il en riant .
Ca, je ne le crois pas, mais je ne réponds rien ; et puis ça m'est égal. J'ai l'impression de le sentir encore en moi, comme s'il avait laissé quelque chose à l'intérieur. Je me sens si ouvert qu'il me semble impossible que je puisse un jour me refermer.
Il est déjà à moitié habillé et s'impatiente : " Allez lève-toi ! Et puis arrête de chialer comme un bébé !» Puis devant mon silence, surpris et compatissant, il demande : " Je t'ai fais mal ? "
Pourquoi me pose-t-il cette question ? Comme s'il ne le savait pas.
Il se rapproche et passe sa main doucement sur mon dos, en murmurant :
- " C' est parce que c'est la première fois. C'est normal. Tu sais, c'est pour tout le monde hein ! Tu verras la prochaine fois, ça sera beaucoup mieux. "
Pourquoi dit-il cela ? Je n'ai pas du tout envie qu'il y ait une prochaine fois. Jamais plus je ne remettrai les pieds dans cette chambre
- " Allez lève-toi et habille-toi maintenant ! "
Sans me lever, je me passe pour la première fois la main entre mes fesses, non sans quelque appréhension, afin de constater les dégâts.
Je n'ai pas l'air d'être abîmé au dehors, par contre en dedans, je n'ose pas y penser. Peut-être vais-je mourir dans les heures à venir. Alexis m’a dit un jour que certaines personnes parfois, après un accident, alors qu'elles n'ont rien d'apparent, sont tellement abîmées à l'intérieur que tout y saigne en dedans. Elles croient qu'elles n'ont rien de grave et meurent une heure plus tard. Je pense que cela va peut-être m'arriver.
Bien qu'il n'y ait encore que très peu de temps, je n'en avais plus rien à fiche de mourir, maintenant, j'en ai peur à nouveau.
Mohad, presque entièrement vêtu, commence à s'énerver et se met en charge de m'habiller lui même. Il vient de ramasser mon slip et tente d'y faire passer mes jambes. Mais je ne le laisse pas faire. Je me redresse, m'assois, et l'enfile moi même. Je ne veux pas qu'il me rhabille. Je ne veux plus qu'il me touche. J'enfile ensuite, à son grand soulagement, le reste de mes vêtements.
Il me dit :  " Tu ne diras rien hein ? "
Je ne réponds pas, ne le regarde pas et continue de me vêtir.
- « N'oublie pas que tu as juré sur la tête de ta mère »
Ce n'est pas exactement ce que j'avais juré, mais de toute façon, comment pourrai-je dire quoi que ce soit ? Dire que je suis allé dans sa chambre. Dire que j'ai voulu qu'il me montre comment on fait l'amour ? Je sais bien que c'est interdit.
Sans attendre qu'il m'y invite, je veux ouvrir la porte mais elle est fermée à clef. Il va alors vers la boite-poubelle et prend une poignée de soldats qu’il me tend en disant. :
- « tu oublies ça ! »
Sans répondre, j’ouvre mes paumes et il les pose dessus.
Alors enfin, il ouvre la porte, et sans un regard, je m'engouffre dans l'escalier. Je descends quelques marches, puis je m'arrête afin de mettre les soldats dans mes poches. Il y en a sept. Deux indiens, un cow-boy et trois militaires. Je n’aurais peut-être pas du les accepter mais il fallait bien qu’il ouvre la porte. J’essuie bien mes yeux pour ne pas qu'on voit que j'ai pleuré, et reprends ma descente rapidement.
En franchissant la porte de sortie, je me rends compte immédiatement qu'il y a déjà moins d'enfants. Certains sont avec leurs parents, d'autres sont déjà partis.
Lorsque le chef des adultes m'aperçoit, il m'appelle aussitôt : " Monsieur Auduy ! Où étiez vous ? Nous vous cherchions partout. Vos parents sont là. "
Mes parents sont déjà là. J'espère que ça ne fait pas trop longtemps. Je demande : " Où çà ? " Car j'ai beau tourner la tête dans tous les sens, je ne les vois pas.
- " Ils sont allés avec Conan à votre chambre. Allez y vite ! "
Je cours vers l'appartement, et je trouve effectivement mon père et ma mère assis sur mon lit, en grande discussion avec Conan. Ils parlent de mon séjour à la montagne et, m'apercevant, ils s'interrompent dans une exclamation : " Ah te voilà ! Où étais tu ? " Ca fait une demi-heure qu'on te cherche partout. "
Ils n'ont pourtant pas l'air de beaucoup me chercher.
Surpris, je réponds tout de même : « J'étais là… Dehors. »
- " Ce n'est pas vrai ! " S'insurge mon père  « On a envoyé tous tes petits copains te chercher. Y' en a pas un qui t'as trouvé. Pas un qui savait où tu étais . Ne dis pas que tu étais là ! » Puis sans attendre d'autre réponse, il ajoute : " Mais bon ! On ne va pas y passer la nuit, on a suffisamment perdu de temps comme ça."
Il m'attrape par le bras et m'entraîne comme un pantin en direction de la voiture, suivi de loin par ma mère qui fait de grands sourires à l'athlète séducteur.
Une gifle m'aide à pénétrer dans le véhicule familial. Je ne sais pas pourquoi je l'ai prise celle là mais je ne dis rien.
Lorsqu'il démarre, je vois bien que mon père est encore très énervé car c'est sur les chapeaux de roues que nous quittons l'établissement.
Je pensais que les explications étaient terminées, la page tournée, mais le paternel n'est pas encore satisfait et reprend à l’endroit où lui même avait brutalement stoppé l'interrogatoire.
- " Bon ! Tu étais où alors ? Tu peux le dire maintenant ! "
- " J'étais avec Mohad. Il m’a donné des soldats"  
Je dis en sortant deux militaires de ma poche
- " Mohad ? C'est un Arabe ça ! "
J'ai envie de lui répondre que ce n'est pas un Arabe. C'est un ... Je ne sais plus quoi. Et puis je m'en fiche après tout, alors je ne dis rien.
Il ajoute : "Et vous étiez où avec ce Morraaad. On t'as fait chercher partout, même dans les chambres" - " On était dans sa chambre au dessus du bureau du directeur. »
- « Ah bon ! il y a des chambres là »
- « Non il a une pour lui tout seul parce qu’il a  dix sept ans »
- « Et a dix sept ans il joue aux soldats ? »
- « Non il m’a donné seulement »
- « Et ça a pris une heure ? Tu savais pourtant bien qu'on venait te chercher »
- « On a regardé un livre et j'ai pas vu... Je croyais que ça faisait pas longtemps."
- " Tu regardais un livre toi ? Tiens , c'est nouveau ! " Dit-il en riant.
Ca y’est. Mon père est calmé. Mes explications sont bonnes. Ca n'ira pas plus loin. Je n'en reviens pas d'avoir si bien répondu. Je ne m'en sors pas trop mal. Mais ma mère gâche tout.
- " Qu'est-ce que tu as fais là ? " S'inquiète-t-elle en me tirant vers le siège avant.
Elle inspecte mon cou et dit à mon père : " Regarde ! " Puis à moi : " Comment tu t'es fais ça ? " Comment je me suis fais quoi ? Je ne vois pas de quoi elle parle. Alors je dis que je ne sais pas.
- " Tu as pris un coup ? " Insiste t’elle.
Je hausse les épaules en signe d'ignorance. Mon père a ralenti, et après un simple coup d'œil, il lâche sans hésiter :  " Tu parles d'un coup. C'est un suçon. " Puis soupçonneux : " Qui c'est qui t'as fais ça ? " J'aimerais bien voir ce que j’ai mais ce n'est pas le moment de toucher au rétroviseur pour me regarder. Mon père déteste ça. Comme je ne crois pas que j'avais quelque chose avant, je me dis bien que cela doit venir de ce que m'a fait le Kabyle, et c'est avec une certaine appréhension que je dis :
-  " Ce doit être en jouant avec Mohad. "
- " Comment ça ce doit être ? C' est l'Arabe qui te fais des suçons ? Quel âge tu m'as dis qu'il avait? "
- " Dix-sept ans ."
- " Mais voyons ! "  Me dit ma mère indignée. " On ne fait pas des choses pareilles avec un garçon de dix-sept ans. "
A cette réaction, je suis sûr maintenant que cette chose à un rapport avec l'acte commis. Je ne pensais pourtant pas que m’étaient apparus des stigmates mouchards.
- « Qu'est-ce que vous avez fait exactement dans sa chambre ? » S'inquiète mon père.
Je suis vraiment embarrassé car j’ai comme l’impression qu’ils ont tout deviné.
J'ai peur de dire une bêtise alors j'avoue très vite que nous avons joué à comme on fait l’amour.
Devant cette révélation, mon père pique une colère.
Je voudrais ne plus rien dire mais l’interrogatoire devient féroce et je n’ai jamais su mentir.
Je suis bien obligé à force… D’avouer que nous nous sommes déshabillés, que nous nous sommes touchés, que nous prenions des positions... Mais chacune de mes paroles l’énerve plus encore. Alors, je n'ose plus rien répondre à la foule de questions qui s'abat sans répit sur moi. Je crois en avoir déjà trop dit. Et si je raconte tout, je crois qu'il me tuera.
Comme il crie sans arrêt, alors d’un coup ! Je crie encore plus fort :  
- « Mais on a rien fait ! On jouait ! C'est tout ! »
Et malgré moi, sans que je ne m'y attende, mes larmes jaillissent encore une fois.
Je n'arrive plus à parler. Je crie et je pleure en même temps.
Ca ne plaît pas à mes parents que je leur crie dessus, alors mon père se met à hurler :
- “ On jouait a se déshabiller ! On jouait a se toucher ! On jouait a se faire des suçons ! T'as peut-être aussi joué à lui sucer la bite ou à te faire enculer pendant que tu y étais!"
- " OOOOHHH !" Crie ma mère suffoquée.
Ce qui ne l'arrête pas. Comme si ça lui plaisait de me rabaisser ainsi
- " Quoi OH ! Parce que tu crois qu'il s'est contenté de lui faire des bisous dans le cou. A dix-sept ans. Non mais je les connais moi les Arabes. Ah ! Et bien il doit pas s'ennuyer le bicot avec toi. Il a trouvé le bon coup !"
- " C 'est vrai tout ça ? " Me demande ma mère en profitant de l'affaiblissement progressif de sa voix pour couper la parole à son mari.
- " Non " Je réponds en pleurant " Non. On a rien fait du tout. "
- "Arrête maintenant ! " Dit ma mère à mon père que mon « On a rien fait du tout » Exaspère.
Il continue, désabusé : " Mais écoute ! C'est pas possible. Y en a qu'un et c'est le notre. Et puis avec un Arabe en plus. Faut dire qu’y a vraiment que les bicots pour faire des choses pareilles avec un gosse."  
- " Non Conan il est pas arabe ! " Je m’entends répondre sans même l'avoir voulu. Sans doute un réflexe pour rabattre le caquet de ce père qui croit tout savoir… Mais ne sait rien. Pourtant, je regrette instantanément d'avoir dit ça.
- " Pourquoi ? Conan aussi il te baise " Dit-il abasourdit.
- " Non ! Pas moi. "
- " Qui ça ? " Demande ma mère
Pourquoi ai-je dis cela ? Maintenant je ne veux pas prendre le risque d’en dire plus, car m’être mis dans ce pétrin me démontre déjà à quel point je suis bête, mais dénoncer les autres dans ce qui ne me concerne pas, ce serait pire que tout. Alors, pour ne plus dire de bêtise, je décide de tenir ma langue en la maintenant immobile.
Devant mon silence , mon père enchaîne :
" Mais on s'en fout ! Qui baise qui... On s'en fout ! Mais on n'a pas à te toucher toi, tu m'entends. Ce que font les autres... T'es pas une fille ! T'es un garçon ! Et puis si tu veux te faire pédé… Attends au moins... D'être parti de la maison. "
Il dit ça mais de toute façon, pour ce que j'y suis, moi, à la maison.
J'ai enfouis mon visage dans le cuir de la banquette pour ne plus rien dire, pour ne plus rien répondre. Jamais. - "
Bon ça suffit ! " Dit ma mère  « Ne parlons plus de ça.  Nous verrons dimanche avec le directeur »

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Re: Je ne sais pas pourquoi (19)

Message  Frédéric Prunier le Dim 19 Juil 2015 - 21:12

enfin !
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Re: Je ne sais pas pourquoi (19)

Message  Frédéric Prunier le Ven 24 Juil 2015 - 9:18

je vais essayer d'expliquer un tout chti peu mon commentaire précédent.

Je crois que la clé de la réussite de toute ton histoire est
dans l'équilibre entre
.la narration des jeux d'enfants (peut-être un peu longue jusqu'à ce chapitre),
.la description de ce que pourrait être la pensée intérieur de ton petit héros (même si justement il n'est pas encore à l'âge où il pourrait écrire un livre et analyser ce qu'il a vécu) (ça, nous, lecteurs, en avons besoin, nous avons besoin d'être sinon guidé, tout du moins légèrement cadré)
.et la sexualité (celle qui est déjà affirmé pour les plus grands, celle qui va naître chez les plus petits) (avec jugement ou non, du bien et du mal, positionnement de l'auteur, etc)

et il me semble qu'en resserrant quelques boulons par-ci par là, le résultat devrait être à la hauteur de tes qualités naturelles de conteur

amitié
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Re: Je ne sais pas pourquoi (19)

Message  Frédéric Prunier le Ven 24 Juil 2015 - 9:19

et bonjour mes accords de participe machins !
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Re: Je ne sais pas pourquoi (19)

Message  jeanloup le Sam 25 Juil 2015 - 9:31

Merci de m’avoir fourni quelques explications.
Pour moi, s’il est important de ne pas évacuer tout ce qui est de l’ordre de la sexualité concernant le personnage ( à la différence de la bibliothèque verte citée par toi auparavant ) je voulais surtout que tout le reste, les jeux, les activités, les relations avec les enfants ou avec les adultes… ne soit pas juste anecdotique. Ce qu’il vit dans une descente à ski, à la patinoire ou dans la cour d’école a pour moi autant d’impact sur lui et je ne voulais pas passer dessus trop vite. Si cela semble long, c’est probablement que mes qualités naturelles de conteur ne sont pas si bonnes que ça.
Alors resserrer les boulons pour faire en sorte que toutes ces choses là n’ennuient pas le lecteur, voire même, lui donne envie de lire. C’est sûr.
Reste à savoir pour moi maintenant où sont les boulons à serrer, et plus encore, quelles sont donc les bonnes clés et comment les manier ?

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