Je ne sais pas pourquoi (17)

Aller en bas

Je ne sais pas pourquoi (17)

Message  jeanloup le Lun 6 Juil 2015 - 11:36

Il ne fait vraiment pas beau aujourd'hui pour la reprise du ski. Hier déjà, le temps était mauvais.
Nous avions même commencé un concours de bonhommes de neige mais nous n'avons pas pu le finir à cause du froid, du vent et des gros flocons qui tombaient
Cet après-midi, nous ne voyons pas le haut de la montagne tant les nuages sont bas.
Banzaï avait promis ce matin que nous prendrions le télésiège et il a tenu promesse. J'aurais bien aimé qu'on utilise le grand, celui qui mène haut, mais nous avons pris le plus court des deux.
Nous venons de faire la descente et déjà nous remontons.
Je m'assois en compagnie de Warren tandis que l'adulte et Jérémie suivent à l'arrière.
Durant le temps de la montée, il y a intérêt à avoir les manteaux bien fermés car il fait terriblement froid. Comme j'ai perdu mon bonnet hier, j'ai les oreilles qui gèlent un peu malgré la couverture qu'offrent mes cheveux qui commencent à prendre de la longueur.
D'en haut, nous regardons les skieurs, surtout ceux qui tombent souvent ou qui les bras écartés recherchent un équilibre précaire. Certains ont le cul en arrière, d’autres piquent du nez en avant.
Ils  ont l'air de « mongols » et ce spectacle nous enchante.
De notre position dominante, nous nous moquons gaiement de ces êtres maladroits.
Parfois, un vrai champion force notre admiration et l'on peut croire d'ici que l'on a tout compris, qu’on en fera autant.  
Arrivés en haut de piste, nous descendons du siège, rejoints aussitôt par nos suivants.
- " On reprend pareil ? " Demande Warren
- «  On va passer un peu du côté des sapins, si vous voulez ? » Nous propose Banzaï.
Super ! Jusqu'à présent, nous étions toujours pleine piste. Là, nous allons en sortir un peu.
Ce n'est pas pour autant de la poudreuse car le passage de nombreux skieurs dame la neige entre les sapins, mais laissent aussi quelques ornières.
Je demande à notre accompagnateur si à l'issue de la descente, nous pourrons emprunter l'autre télésiège afin d'aller voir plus haut.
- " Peut-être " Répond le chinois en réfléchissant et en regardant le ciel qui n'est malheureusement pas très encourageant. Puis il s'engage doucement sur la piste. Warren prend sa trace tandis que Jérémie part sur le côté. Je leur laisse un peu d'avance avant de m'élancer à mon tour afin de pouvoir prendre de la vitesse.
Peu de temps après, l'adulte, comme promis, quitte la piste pour s'engager sur un chemin qui passe entre les arbres.
Il y a plein de bosses, et aussi des trous. C'est très amusant, mais c'est très difficile.
Jérémie fait le « guignol » et tombe à presque chaque difficulté. Warren lui, n'avance plus. Il ralentit bien trop. Comme il a peur de ne pas pouvoir s'arrêter, il ne prend pas le risque de s'emballer et ne fait par moments que du quasi sur place.
Moi, j'y arrive très bien mais je dois les attendre souvent.
Cette fois, Warren s'est encore arrêté et Jérémie en a profité pour sortir des traces et aller se vautrer dans la poudreuse. L'adulte ne s'occupe que d'eux et je n'ai plus envie d'attendre, alors je m'écrie :  "Je vais au télésiège ! "
Sans obtenir de réponse à ce qui n'était pas une question, je m'élance, seul, dans la pente.
C'est génial ! Je ne suis encore jamais descendu aussi vite. Je manque à plusieurs reprises de perdre l'équilibre mais je me récupère chaque fois. Grisé par ma descente rapide, je vais directement jusqu'au télésiège le plus éloigné, celui qui nous mènera tout là-haut, dans les nuages.
J'attends d'abord mes compagnons à l'écart des gens, puis, au bout d'un certain temps, je me dis qu'ils ne devraient plus tarder et que je serais bien inspiré, vu le monde, de prendre une place dans la queue. Quand ils arriveront, je leur dirais de passer avec moi.
La file avance rapidement mais ceux que j'attends ne se manifestent toujours pas.
Lorsqu'arrive mon tour, je vois enfin Warren, mais il est seul.
Je lui crie : " Viens ! "
Mais il n'obtempère pas. Il est d'ailleurs trop tard. Je m'installe sur le siège et je décolle.
Ce n'est pas bien grave que je parte devant puisque Warren m'a vu. Il pourra le leur dire.
Alors que je m’envole, le petit café au lait resté au sol s'écrie :  " Fallait pas ! "
Que veut-il dire par là ? L'adulte voulait-il que nous prenions l'autre ? Toujours le même ?
De toute façon maintenant, je ne peux plus faire machine arrière. Ils seront bien obligés de se rendre à ma cause et je suis sûr et certain qu'ils ne le regretteront pas.
Pendant que je m'élève, de ma hauteur, j'aperçois Banzaï et Jérémie derrière un groupement de sapins, pas très loin du point de départ du télésiège. Il semble que le petit blond n'a plus ses skis aux pieds.
Je crie de toutes mes forces pour qu'ils me regardent passer. Ils m'ont entendu. L'adulte répond quelque chose que je ne comprends pas. Il fait des grands signes, puis il abandonne le petit pour s'élancer en direction du télésiège. Je pense qu'il m'a dit qu’il me rejoint là haut, mais je ne comprends pas pourquoi il n’attend pas Jérémie.
Le siège monte maintenant tranquillement, balancé par le vent. Il fait encore plus froid que sur le précédent. Je suis obligé de garder le visage presque entièrement enfouis dans mon manteau, ce qui ne me permet pas d'admirer le paysage, mais de toute façon, on n'y voit plus grand chose.
On vient d'entrer dans le brouillard ou peut-être dans les nuages et la visibilité est extrêmement réduite. Je ne vois pas plus loin que deux siège devant moi. Quand à la piste, c’est à peine si je la devine.
Ca y est. ! Nous sommes en haut. Mais ça n'est pas l'arrivée que je croyais. Il y a un moment de plat au dessus d’un décor que je ne connais pas, puis on remonte encore, dans le plus haut, dans le plus froid. Je trouve que ça fait très longtemps que je suis assis là. Il n'en finit donc pas. Pour la première fois, je ne souhaite pas plus monter. Je voudrais qu'il s'arrête.
Le vent souffle très fort et mon corps est congelé lorsque l'arrivée enfin surgit d'on ne sait où. Je ne m'y attendais pas. Elle émerge du brouillard pour m'accueillir transis. Mes skis se posent à terre. Je les laisse me soulever. Je me laisse glisser, puis je me laisse tomber. La pente de dégagement est un peu raide. J'ai eu peur de ne pas pouvoir m'arrêter et de m’en aller dans le vide. Mais c'est une illusion… C’est à cause du brouillard.
Maintenant, j'attends les autres, mais j'ai toujours froid. Il faudrait qu'ils se dépêchent.
Je guette chacun des nouveaux arrivants mais on ne les voit pas venir de loin.
Enfin, je peux apercevoir le visage d'un chinois. Mais il est seul, sans enfant. Si c'en était un autre ? Derrière lui, se trouvent encore deux adultes et ça m'inquiète.
A sa descente du siège, je le surveille. Il vient directement vers moi. C'est bien lui. Mais il ne se freine pas et me percute. Je tombe à la renverse. Il n'est pas bien dans sa tête ! Il aurait pu me faire mal !
Je me relève en rouspétant. Sa main vient frapper mon visage, et comme je ne m'étais pas bien remis en appuis sur mes jambes, je retombe. Heureusement qu'il porte des gros gants, cela a amorti la violence de la frappe. Cette fois, je reste à terre. Pour la première fois depuis que je le connais, il se met à crier. Il hurle comme un dément que je ne devais pas monter ! Que j'aurais du l’attendre en bas ! Et que je le savais ! Ce qui n'est même pas vrai car je n'en savais rien. Ce qui est vrai en tout cas, c'est qu'il n'y a pas de quoi se mettre dans un état pareil simplement parce que j'ai pris un peu d'avance.
Lorsqu'il se calme enfin, je me relève doucement. Mais il veut que je me dépêche. Il faut vite redescendre.
Etonné, je lui demande:  " On attend pas Warren et Jérémie ? "
- " Ce sont eux qui nous attendent en bas... Du moins… J'espère! "
Et le voilà parti dans le brouillard. Je m'élance à mon tour, mais comme je n'y vois rien, je ne peux pas aller très vite et je perds aussitôt du terrain.
Je ne l’aperçois déjà plus alors je n'ose plus avancer. Je suis perdu. J'ai peur de ne plus le retrouver. Soudain ! J'entends mon nom. Je sais maintenant qu’il n’est pas loin. Il a du s’arrêter.
Comme il m'appelle, je me laisse guider par sa voix, et enfin le voilà !
- « Quand je démarre ..." Me dit-il " N'attends pas ! Saute immédiatement dans mes skis.  Je ne veux pas que tu me lâches de cinq centimètres! Tu voulais aller vite ? On va aller vite ! Mais je t'interdis formellement de prendre un mètre de retard. »
Il est marrant lui ! Si je suis trop près, je vais lui rentrer dedans.
Il repart. J'essaye maintenant de m’accrocher à son sillage. Je n'ai plus envie de le perdre car j’ai eu bien plus peur que je n’oserais l’avouer quand il m’a distancé dans cet endroit mortel.
Malgré tout, je suis bien souvent à plus d'un mètre de ses skis et cela lui déplaît. Il se retourne en permanence et m’invective de le coller. Pourtant, dès que j’y parviens, il accélère et c'est très dur.
Je ne pensais pas que je pouvais descendre à cette vitesse sans rien y voir et sans tomber. C'est une sacrée sensation mais je ne peux pas me relâcher une seconde sinon je perds aussitôt du terrain.
Je commence a avoir très mal aux jambes. J'éprouve de plus en plus de difficulté à tenir ma trajectoire. Chacun de mes virages est beaucoup trop heurté. Chaque mini bosse est une souffrance.
Il est encore heureux qu'au cours de la descente, le temps se soit éclairci. Il ne fait pas encore beau, mais au moins, j'y vois clair. Il faudrait quand même qu'on se repose un peu. Tout à l'heure, nous nous arrêtions toutes les dix secondes et c'était ennuyeux, nous n'avions pas le temps de prendre une bonne allure. Maintenant, nous descendons non stop et je n'en peux plus. Il faudrait trouver un juste milieu. Je ne peux pas vraiment en profiter. Dès que j'essaye de soulager mes jambes ou mon esprit, je perds de la vitesse, l'adulte s'en rend compte immédiatement et me crie d'aller plus vite. Pourquoi est-il donc si pressé ? Nous ne sommes pas à deux secondes près.
Nous arrivons enfin sur une piste connue. Je sais désormais que nous ne sommes plus très loin et des forces nouvelles me viennent. La familiarité du lieu, plus l’horizon maintenant dégagé, me permet d'avoir moins besoin d'être concentré sur chaque parcelle de neige, et même d’oublier de suivre la trajectoire du chinois. La vitesse à présent devient d’autant plus grisante que je sais que mes copains nous attendent en bas. J'essaye donc de l'augmenter encore et tente même un court instant de passer devant l’adulte. Mais… Parvenue près du départ de l’autre télésiège, si lui s'arrête net, mon arrivée à moi est plutôt calamiteuse. Sans doute à cause de la fatigue, lorsque je veux freiner, au lieu de tourner parallèles, mes skis, indépendants, se croisent. Je décolle tel un missile volant à ras de neige, ricochant au contact du sol, exécutant avec mon corps des tonneaux en cascades comme une voiture de gangsters dans un film américain.
L'adulte se précipite vers moi. Il est inquiet. Mon regard doit lui paraître bizarre. Je n'ai pas bien compris ma chute mais, hagard, je m'étonne d'être encore vivant après cette cascade à cent à l'heure.
Je suis un peu sonné mais ce n'est que par le choc causée par la sensation d’avoir vécue quelques secondes plus tôt les derniers instants de ma vie.
- " Ca va ? " Me demande Banzaï
Je réponds juste d'un signe de la tête. Il paraît soulagé.
- " On monte ? " S'impatiente Warren
C'est drôle, pour la première fois, je ne suis pas pressé d'y retourner.
Je dis : « On peut se reposer un peu ? »
- " Tu te reposeras dans le télésiège!" Ricane le chinois « Récupère tes planches ! On y va ! »
Je remets à mes pieds les skis volages que Jérémie m'a gentiment rapportés. Puis nous remontons, tous les quatre cette fois, afin de redescendre une piste que je n’apprécie plus, et qui au vu de la lenteur avec laquelle nous progressons lorsque nous sommes ensemble, nous mènera sans doute jusqu'à la fin de notre journée de glisse.







Décidément, que nous soyons au Centre ou à la montagne, je ne déroge pas aux mauvaises habitudes. Me voilà encore au lit alors que les autres jouent. C'est d'autant plus dommage que ce soir on a organisé un grand jeu auquel participent, en plus de notre groupe, les deux colos présentes au chalet. C'était pour moi l'occasion de faire enfin plus ample connaissance avec Karen. Hélas ! Banzaï ne m'a pas pardonné et je suis puni. Pourtant tout ça, en vrai, c’était la faute à Jérémie car je n'étais descendu qu’avec un peu d'avance et ils m’auraient rejoint dans la queue sans problème si ce fou n’était pas allé se perdre dans la poudreuse et les sapins au moment où l'adulte, trop occupé qu’il était à s'occuper
de Warren qui n'avançait plus, l’avait perdu de vue. C'est pour ça que je les ai attendus si longtemps dans la file. Quand l'adulte a envoyé Warren pour me dire de ne pas monter, c’était déjà trop tard, mon tour était arrivé. Ensuite lorsque Banzaï m'a vu voyager dans les airs, il a laissé Jérémie seul pour se lancer à ma poursuite vers les sommets. C'est pour ça qu'il était si pressé de me faire arriver en bas, car il n'était pas sûr que le blondinet ait rejoint le café au lait, ni que les deux petits ensuite ne se soient pas barrés. Ce qui est bête d’ailleurs, car s'ils étaient partis, que l'on descende plus où moins vite, cela n’y changeait rien. J'ai d'autant moins de raison d'être puni que nous les avons retrouvés sans problème tous les deux. Ils nous attendaient gentiment.
J'entends les rires et les cris des enfants qui proviennent de la salle à manger. Ca me permet d’oublier les bruits venant de l’extérieur que ma solitude pourrait me faire craindre à présent. Mais la journée m'a énormément fatigué et je crois que je vais m'endormir vite.









Nous avons encore trouvé des traces de Yéti dans la neige ce matin. Et cette nuit, pendant que nous dormions, S'il faut en croire Warren, il a tenté d'entrer. Cette fois, le petit peureux n'a réveillé personne mais il prétend n'avoir pas pu fermer l’oeil de la nuit.
Conan affirme que si le monstre se manifeste à nouveau, nous irons lui donner la chasse.
Ensuite, nous sommes allés skier. Banzaï ne voulait pas que je vienne. Il m’a dit que je resterai toute la matinée au chalet. J'étais malheureux, mais comme personne ne voulait me garder, il m'a emmené quand même. Heureusement car c'était vraiment bien ce matin. Nous avons descendu plusieurs pistes, et une fois, nous nous sommes retrouvés en même lieu et en même temps que le groupe dans lequel skie Karen. Nous avons un peu parlé avec eux et je sais maintenant qu'elle séjourne dans la deuxième chambre à droite, au deuxième étage. Nous n'avons pas pu rester longtemps en leur compagnie car ils descendaient plus vite que nous. C'est à cause de Warren, parce que moi, j'aurais pu les suivre facilement .
A présent, nous venons de sortir du repas de midi. C’était très animé aujourd'hui, notamment parce que Nébus, conduit par précieux, nous a ramené Mohad.
Le grand Arabe aux yeux clairs a vraiment de la chance car il est chargé de faire un reportage diapo sur les séjours de neige. Pour ce faire, il passe un peu de temps dans chacune des stations. Comme il s'est installé dans la chambre de Précieux, il se prend pour un adulte et il reste donc à table pour boire le café avec eux, tandis que nous, nous allons jouer dans nos chambres en attendant de retourner sur les pistes cet après midi.
J’ai proposé immédiatement un pouilleux déshabilleur et mes camarades de chambre sont tout à fait d'accord. Nous jouons donc à cinq ensemble car François, lui ne veut pas, et se contente de regarder. Les cartes passent de mains en mains et se déposent sur le sol dès qu’un couple est formé. Le pouilleux, en solitaire, finit sa première ronde dans les mains de Jérémie. Le petit blond ôte son pull en disant de sa voix de bébé :  " Ca tombe bien, j'avais drôlement chaud . "  
Le jeu tourne vite et au début, il est équilibré, chacun de nous a l'occasion de retirer rapidement au moins un vêtement. Ensuite, la carte maudite s'est faite repérer et on peut la reconnaître de dos si on fait attention. Guillaume et Warren ne la prennent plus du tout. Moi, je préfère ne pas regarder et faire comme si je ne savais pas sinon le jeu n'aurait plus d'intérêt. Il n'y a donc plus que Mickaël et surtout Jérémie et moi qui nous déshabillons, les autres observant attentivement le dos de la carte avant de se servir. Mais ce n'est pas grave. Ce sera plus vite fini de cette manière.
Alors que je me retrouve, comme Jérémie, juste vêtu de mon seul slip, on distribue une nouvelle donne et le valet de pic atterrit dans les mains de Guillaume à ma droite. Je sais bien qu'il l'a. Il fait exprès de cacher le dos de ses cartes pour que je ne le reconnaisse pas. Mais moi, je m'en fiche. Je n'y prête pas attention. Je prends la première carte qui s'offre à moi.
Au cri de joie qu'il pousse, tout le monde a compris que je viens de le tirer. Je le joins à mes autres cartes et mélange le tout. Peut-être Jérémie va-t-il m'en débarrasser ?
Le petit regarde attentivement la carte qu'il va prendre. Je crois qu'il a enfin compris comment le reconnaître, et il tire la dame de cœur qu’il accouple à celle de carreau pour l’installer avec les autres qui sont déjà au sol.
Lorsque tout le monde a les mains vides, je reste avec le pouilleux seul. Je ne fais pas d'histoire.
Je retire aussitôt mon slip et le pose sur le lit avec le reste de mes vêtements.
Comme le principe du jeu consiste à donner un gage au premier joueur nu, je me demande, avec une légère crainte et une grande excitation, ce qu'ils vont exiger de moi.
Guillaume me dit : " Tu dois sortir par la fenêtre et faire tout le tour du chalet ! "
- " Ca va pas toi ? Pieds nus dans la neige. C'est pas possible ! "
Mickaël propose que j'aille dans la salle à manger.
Je ne peux pas accepter. Les adultes sont encore à table
- " Ben justement . " Me dit Warren  " C'est ça un gage!"
Moi, je dis qu'ils vont le prendre mal et que je vais être puni .
- " T'as pas le droit de tout refuser ! " S’en mêle François qui n'a rien à y voir car lui n'a même pas voulu prendre le risque de jouer.
Je Propose alors : " Je peux monter dans l'escalier "
- " D'accord " Dit Mickaël
- " Non ! " S'oppose Guillaume " C'est trop facile. Et puis, c'est à nous de dire, pas à lui de choisir ! "
Il prend alors son écharpe et la passe autour de ma tête afin de masquer ma vue .
- " On va te bander les yeux, et puis tu dois aller dans les chambres en haut comme ça sans rien voir . " - " Pas dans toutes les chambres ? Je connais pas les colos "
- " D'accord juste ceux de chez nous " M'accorde le petit caïd
C'est parti. Je monte les marches maladroitement, entouré de mes camarades qui me guident en me poussant et en me bousculant.
Lorsque nous nous présentons au premier étage, je sens dans le couloir la présence d’enfants qui doivent se demander ce que je suis en train de faire. Je ne m'en occupe guère et me dirige directement vers la chambre de Jean-Philippe, Johnny et Ludovic.
On ouvre la porte pour moi et l'on me pousse à l'intérieur. Je ne sais pas ce qu'ils font mais au son de leur voix, je crois que nous les dérangeons un peu. Ils ne le prennent pas mal mais n'aiment pas cet envahissement et nous demandent instamment de bien vouloir vider les lieux.
J'explique que c'est mon gage, ce qui apparemment ne les intéresse pas.
Au moment où je m'apprête à sortir pour me rendre chez Mario, Cyril et Séraphin, Johnny me dit :
- “ Je te signale qu'on va skier dans cinq minutes. Si t'es pas prêt, tu vas te faire engueuler."
Ca m'étonnerait qu'on sorte dans cinq minutes car les adultes sont encore à table à discuter. Mais je ne réponds rien.  Je veux aller dans l'autre chambre comme le gage l'exige mais ses occupants sont dans le couloir et ne veulent surtout pas que je pénètre leur domaine ; par contre, relayant mes camarades, ils prennent les choses en main pour mieux me diriger. J'entends dire : " On l'emmène dans les chambres des filles ! "
Il y a à cet étage, la colo des bretons. Je ne veux pas aller dans les chambres de ces filles que je ne connais pas. Je me débats car on me tient. Je parviens à me dégager et à leur échapper.
J'ai réussi à remonter sur mon front l'écharpe qui me bandait les yeux et je m'enfuis dans l'escalier. Il y a là malheureusement un barrage fait de ceux qui ne veulent pas me laisser retourner dans ma chambre. Alors, au lieu de descendre, je monte. Je suis toujours poursuivi par les rires et les cris des enfants, retenu et poussé en même temps par de multiples bras, de multiples mains, dont je m'échappe à chaque fois, mais qui me ressaisissent dès qu'ils le peuvent .
Surgissant ainsi dans le couloir du haut, j'aperçois, à l'autre bout, une monitrice de la colo de Versailles toute étonnée par la scène qu'on lui joue. Je me précipite, autant pour me soustraire à son regard que pour semer mes poursuivants, sur une porte presque au hasard. C'est la deuxième sur la droite. J'entre pour me réfugier, entraînant avec moi la meute qui se tient toujours à mon contact bien qu'elle se soit amincie de ses membres les plus couards à cause de la présence de la monitrice qui nous crie de nous calmer et de redescendre.
A Peine suis-je dans la chambre que, tel un animal apeuré, je me jette dans les bras de Karen toute surprise de me voir pénétrer chez elle ainsi poursuivi et sans autre vêtement qu'une écharpe sur la tête  
- " Qu'est- ce que vous lui faite? Laissez le ! " S'écrie t-elle à l'adresse de mes bourreaux en m'entourant de ses bras protecteurs.
Les garçons, tout comme les quelques filles présentes, se moquent allègrement de notre couple.
La monitrice parvient à rétablir l'ordre dans cette drôle de cohue en renvoyant les intrus aux étages inférieurs.
Je suis heureux de me trouver nu dans les bras d’une fille que j’aime mais je regrette de ne pas pouvoir faire durer ce moment. Ma douce et protectrice amie propose de me raccompagner, ce qui me rend fou de bonheur, mais un très court instant seulement car la monitrice s'y oppose. C'est elle qui me prend par la main sous les huées et les moqueries des plus courageux qui n'ont pas obéis à l'ordre de s'éclipser. Nous descendons ensemble jusqu’au rez-de-chaussée et là, nous croisons Banzaï et Mohad. Reconnaissant dans le chinois, un des adultes qui s'occupe de moi, la dame qui me tient me confie à ses soins et lui explique qu'elle m'a surpris dans cette tenue à courir dans les couloirs et entrer dans les chambres des filles. Elle raconte ça comme si je n'y avais pas été obligé par les autres et je lui en veux. Le chinois fait une drôle de tête embarrassée. Mais Mohad rigole franchement lui . Il dit :
- " Dommage que j'étais pas là . J'aurais pu prendre des photos pour mon reportage"
Banzaï qui ne trouve cette aventure que modérément drôle dit :
- " Il est l'heure de retourner skier. Si tu n'es pas prêt quand nous sortirons, nous ne t'attendrons pas et tu resteras ici avec Précieux "
Je n'ai pas trop d'inquiétude à me faire, je suis certain que je serais prêt avant lui. .

jeanloup

Nombre de messages : 112
Age : 102
Localisation : choisy le roi
Date d'inscription : 23/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (17)

Message  Frédéric Prunier le Sam 11 Juil 2015 - 10:23

L'histoire se déroule comme un téléfilm. Cela me rappelle la bibliothèque verte, quand j'avais l'âge de ton héros...
Ici, le petit côté impudique modernise le genre.... pourquoi pas....

je te suis toujours
et ma lecture est agréable

amitié,
frédéric
avatar
Frédéric Prunier

Nombre de messages : 3568
Age : 56
Localisation : MONTLUCON
Date d'inscription : 08/09/2011

Voir le profil de l'utilisateur http://www.quai-favieres-antiquites.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (17)

Message  jeanloup le Dim 12 Juil 2015 - 9:45

j'ai bien aimé aussi la bibliothèque verte mais celle ci s'adresse au enfants. Là, je n'ai pas écris dans cette optique.

jeanloup

Nombre de messages : 112
Age : 102
Localisation : choisy le roi
Date d'inscription : 23/03/2015

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Je ne sais pas pourquoi (17)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum